Witch Club, de Sharmila Banerjee,
145x210 mms, 8 pages, 2012, Salmiak Comics,
En peu de temps, et grâce à un joli ramdam, le nom de Sharmila Banerjee s’est mis à être dans pas mal de bouches de lecteurs curieux. On la retrouve dans pas mal de d’aventures collectives, derrière quelques pochettes de disques, et son large registre de compositions graphiques lui permet d’être un peu partout sur les internets, ce qui, espérons-le, agrandira son cercle d’adorateurs, et pourquoi pas d’éditeurs…
Initialement paru dans la revue suisse Strapazin, “Witch Club” est un souvenir d’enfance/pré-adolescence qui convoque spiritisme et cochon d’inde (oui oui : spiritisme et cochon d’inde), le tout sous une belle couverture imprimée sur papier métallisé, et tiré à 50 exemplaires numérotés.
Sharmila est également la co-fondatrice (avec Martin Ernstsen) du petit éditeur de fanzines Salmiak Comics, et fait partie du collectif/distro allemand The Treasure Fleet.
JJM
Billets comportant le tag 2012
Rage of Poseidon, d’Anders Nilsen,
190x220 mm, accordéon, 2012, auto-édition.
En attendant la version française (qui devrait paraître à L’Association dans les mois qui viennent) de son excellent livre Big Questions (700 pages collectant les quinze numéros de son fanzine éponyme, dont les parutions se sont étalées sur près de quinze ans), les amateurs du travail d’Anders Nilsen pourront se réjouir de l’objet précieux auquel l’auteur s’est attelé ces dernières semaines.
Rage of Poseidon est un magnifique livre-accordéon fait à la maison, qui une fois déplié mesure environ 9 mètres de long. Entièrement réalisé en aplats de noir, et accompagné de légendes, ce travail sur la silhouette, sur le contraste, sur la densité, permet à Nilsen d’explorer plus en avant de nouveaux territoires graphiques, et d’adapter son sens du storytelling avec une finesse et une aisance qui ne surprendront pas ses fans.
Voilà pour la forme : le fond, quand à lui, pourra surprendre les non initiés à l’œuvre de l’auteur…
L’abandon des croyances et le déplacement de la foi, l’évolution (ou la régression) des êtres divins en notre monde et en nos cœurs, la résignation des dieux à nous abandonner ce monde, voilà des thèmes chers à l’auteur, qui s’attache depuis ses premières parutions à décrire la vacuité de ce monde en allant régulièrement chercher l’inspiration du côté des mythologies et de quelques unes de leurs figures marquantes (on se souvient notamment de Sisyphe).
Au milieu de ces quelques historiettes, une brève histoire sans équivoque creuse le cruel écart qui sépare l’homme conscient des puissances créatrices de la notion de Dieu : nul doute que peu d’autorités religieuses donneront leur nihil obstat à ce petit essai (car c’en est un, tout autant philosophique qu’anthropologique), que l’on pourrait tout aussi bien envisager comme un petit traité d’apostasie.
JJM
