Des animaux morts Une vie ailleurs, de Sylvain Bouillard, chez Terrenoire, 164 pages, A5, n&b, année inconnue
Un jour, dans les locaux de Terrenoire, à Lyon, je tombe par hasard sur Sylvain Bouillard, un grand type entre 40 et 50 ans, le visage rond et marqué, dans une veste bleue pas très jolie. Il n’a pas exactement la tête du mec dont on se dit, le croisant dans la rue. Alors que je feuillette les bouquins sur le présentoir de l’entrée, il m’accoste, alors que je tiens en main un fascicule très mal dessiné qui m’a attiré (Le Piège d’une vie prématurée du même auteur). Il m’explique que c’est un livre qu’il a réalisé à une époque où il squattait à l’étage du local. Puis il me parle alors de son recueil de photos, celui dont il est question ici. Il me dit à son sujet : “Le plus dur, c’est de trouver l’histoire.”
Ça m’a marqué, tant que j’en parle sans cesse. Je le cite quand je balance des théories sur la bd et la littérature, et la littérature en image, voire la littérature sans mots. Comme une bd, le livre de Sylvain Bouillard se considère en entier. Parfois certaines photos, seules, n’ont pas trop d’intérêt, ni esthétiquement, ni même d’un point de vue documentaire.
Pourtant, quand tu feuillettes l’ouvrage, il y a comme des échos, des images et des figures qui renvoient les unes aux autres. C’est : comme dit le titre, des animaux morts, des paysages des États-Unis, mais le versant un peu crade et poussiéreux, beaucoup de gens, des bouts de films de cul à la télévision. Au fur et à mesure, tout prend vie. On voit derrière les regards des histoires et des histoires, on sent tout un monde, un peu triste et fatigué, pourtant grouillant et tenace, vivant.
Ça fait un drôle de livre, brut et dense. Le genre qu’on garde parce qu’il compte.
CP

Des animaux morts Une vie ailleurs, de Sylvain Bouillard, chez Terrenoire, 164 pages, A5, n&b, année inconnue

Un jour, dans les locaux de Terrenoire, à Lyon, je tombe par hasard sur Sylvain Bouillard, un grand type entre 40 et 50 ans, le visage rond et marqué, dans une veste bleue pas très jolie. Il n’a pas exactement la tête du mec dont on se dit, le croisant dans la rue. Alors que je feuillette les bouquins sur le présentoir de l’entrée, il m’accoste, alors que je tiens en main un fascicule très mal dessiné qui m’a attiré (Le Piège d’une vie prématurée du même auteur). Il m’explique que c’est un livre qu’il a réalisé à une époque où il squattait à l’étage du local. Puis il me parle alors de son recueil de photos, celui dont il est question ici. Il me dit à son sujet : “Le plus dur, c’est de trouver l’histoire.”

Ça m’a marqué, tant que j’en parle sans cesse. Je le cite quand je balance des théories sur la bd et la littérature, et la littérature en image, voire la littérature sans mots. Comme une bd, le livre de Sylvain Bouillard se considère en entier. Parfois certaines photos, seules, n’ont pas trop d’intérêt, ni esthétiquement, ni même d’un point de vue documentaire.

Pourtant, quand tu feuillettes l’ouvrage, il y a comme des échos, des images et des figures qui renvoient les unes aux autres. C’est : comme dit le titre, des animaux morts, des paysages des États-Unis, mais le versant un peu crade et poussiéreux, beaucoup de gens, des bouts de films de cul à la télévision. Au fur et à mesure, tout prend vie. On voit derrière les regards des histoires et des histoires, on sent tout un monde, un peu triste et fatigué, pourtant grouillant et tenace, vivant.

Ça fait un drôle de livre, brut et dense. Le genre qu’on garde parce qu’il compte.

CP