Le Livre de moi, par Giulio Nesi, 80 pages, 20,5x25, n&b, 2000, chez Bongoût
Voilà bien un objet curieux, édité à 150 exemplaires (le mien est le 44ème) par Bongoût, plutôt connus pour faire dans le graphisme : celui-ci, en dehors du logo de l’éditeur ne contient aucune illustration, mais un seul et très long paragraphe que la page de garde appelle pourtant poésie. Une espèce d’interminable soliloque violent et éprouvant. L’auteur, italien, qu’on imagine résidant en France à ce moment, semble vomir tout son mal être, et le tout dans une langue curieuse qui fait penser aux résultats obtenus lorsqu’on passe un texte par le translator de Google. Puis surgissent des passages en italiens, en anglais, parfois sans queue ni tête, la ponctuation disparaissant. Hargneux, prétentieux, absolument nombriliste, claustrophobe, particulièrement dérangeant (un peu comme la tête de ce fichu Aphex Twin). Le tout est un vrac sans nom, pelle-mêle dégobillant : réflexion sur l’art et sa pratique, la vie de l’auteur, ses rencontres, les filles qu’il baise ou pas, éventuellement les mecs aussi, ses branlettes, sa pseudo philosophie illisible, des citations à tire-larigot de grands auteurs, Nietzsche et Miller en tête, d’artistes, de groupes punk, nowave, pop ou carrément bruitistes (allez écouter les japonais, the Boredoms, ça donne le ton), Beavis and Butthead, Topolino ou Dylan Dog. Plutôt illisible. Et pourtant incroyablement fascinant. Ça finit dans un brouhaha de termes rayés, avant la dernière phrase, que je cite texto : “Cette nuit j’ai frappé la tête de mon père sur la pierre du trottoir 1 cour Kratz à 10 rue Coulaux ses mains dans dos. Quand il est mort, j’ai mis de ma main son pénis dans la chatte de mon amie la meilleure” et voilà.
[PS : ce soir, j’ai retrouvé son site. Même si ce livre semble avoir disparut, le reste de son boulot (dont sa propre musique - glups), dans sa juste continuité, y est recensé. C’est ici.]
CP
![Le Livre de moi, par Giulio Nesi, 80 pages, 20,5x25, n&b, 2000, chez Bongoût
Voilà bien un objet curieux, édité à 150 exemplaires (le mien est le 44ème) par Bongoût, plutôt connus pour faire dans le graphisme : celui-ci, en dehors du logo de l’éditeur ne contient aucune illustration, mais un seul et très long paragraphe que la page de garde appelle pourtant poésie. Une espèce d’interminable soliloque violent et éprouvant. L’auteur, italien, qu’on imagine résidant en France à ce moment, semble vomir tout son mal être, et le tout dans une langue curieuse qui fait penser aux résultats obtenus lorsqu’on passe un texte par le translator de Google. Puis surgissent des passages en italiens, en anglais, parfois sans queue ni tête, la ponctuation disparaissant. Hargneux, prétentieux, absolument nombriliste, claustrophobe, particulièrement dérangeant (un peu comme la tête de ce fichu Aphex Twin). Le tout est un vrac sans nom, pelle-mêle dégobillant : réflexion sur l’art et sa pratique, la vie de l’auteur, ses rencontres, les filles qu’il baise ou pas, éventuellement les mecs aussi, ses branlettes, sa pseudo philosophie illisible, des citations à tire-larigot de grands auteurs, Nietzsche et Miller en tête, d’artistes, de groupes punk, nowave, pop ou carrément bruitistes (allez écouter les japonais, the Boredoms, ça donne le ton), Beavis and Butthead, Topolino ou Dylan Dog. Plutôt illisible. Et pourtant incroyablement fascinant. Ça finit dans un brouhaha de termes rayés, avant la dernière phrase, que je cite texto : “Cette nuit j’ai frappé la tête de mon père sur la pierre du trottoir 1 cour Kratz à 10 rue Coulaux ses mains dans dos. Quand il est mort, j’ai mis de ma main son pénis dans la chatte de mon amie la meilleure” et voilà.
[PS : ce soir, j’ai retrouvé son site. Même si ce livre semble avoir disparut, le reste de son boulot (dont sa propre musique - glups), dans sa juste continuité, y est recensé. C’est ici.]
CP](http://25.media.tumblr.com/tumblr_m00tg9aC0n1qhzvmho1_400.jpg)