LA FERMIÈRE ET LE VER GÉANT, par Jean-Michel Perrin
Format A6, 56 pages, éditions Fish and Chips, 1992
Ce petit livret est resté dans ma mémoire comme l’un des sommet de ces petits chefs d’œuvre inconnus, de ces petites éditions discrètes qui nous emportent et qu’on voudrait voir plus luxueuses et mieux distribuées. C’est qu’elles méritent tellement plus que de rester dans la confidentialité des réseaux alternatifs, quand tant d’horreurs repoussent notre regard sur les étals suréclairés des librairies standard. C’était il y a vingt ans déjà, et pourtant ce petit livre a fait sa petite empreinte dans mon esprit, et peut-être est-ce aussi dû à son aspect si pauvre, si dénué de prétention. On y découvre une drôle de fable faussement enfantine, l’histoire d’un ver qui grandit tellement qu’il atteint la longueur critique de 39484 km, qui est sa taille adulte, et qui lui pose bien des problèmes pour vivre en paix sur la terre. Et puis, ignorant qu’il est hermaphrodite, il cherche désespérément une femme. La solution viendra de Marthe la fermière, qui fait de beaux boudins. C’est drôle, émouvant, très bien écrit.
Ca fait 20 ans et rien n’a changé : les vers sont toujours en terre, et s’ils sont parfois luisants, ils ne brillent que la nuit.
(BB)
Publié le Samedi, 18 février 2012
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