VOX nº10, collectif, sous la direction de Gustavo López. Pochette cartonnée 20X20 cm, avec multiples livrets et feuillets intérieurs. 2004.
Vers 2008/2009, à Rennes, une bonne femme du genre “amoureuse des arts” a eu un coup de coeur exotique pour l’Argentine. Elle crée alors une association pour encourager les échanges artistiques entre ces deux coins maritimes et poétiques que sont le pays de Carlos Trillo et la belle Bretagne. Grâce à elle ont lieu quelques expos, pas toutes du meilleur goût, et, en partenariat avec la Maison de la poésie, elle réussit à envoyer un poète breton à Bahía Blanca, et ramener Sergio Raimondi à Rennes.
Un soir du Printemps des Poètes, une rencontre avec lecture est proposée. À cette occasion l’éditeur, Gustavo López rejoint son auteur en résidence. Choc des cultures : évidemment, Chantal, qui aurait pu être amie avec ma grand-mère, a été chercher chez les poètes locaux, le plus local des locaux régionaux. Le public va avec, des petits vieux bien droits, certainement un Télérama sous le bras, et un autocollant “Bretagne Libre” à côté de la plaque d’immatriculation. Le poète breton lit des textes mignonnets sur la mer et le ciel.
Or, par un hasard ironique, Chantal a dégoté chez les sudacs, l’avant garde, les jeunes, les expérimentateurs. Sergio récite des textes saisissants et épatants. Puis le public pose des questions grossières sur l’inspiration. Sergio et Gustavo répondent avec une diplomatie déconcertante, démontant systématiquement les questions idiotes, avec un tact et une sympathie décoiffante. Je n’ai jamais vu personne signifier à une assemblée entière à quel point elle était stupide de façon aussi irréprochable.
À la fin de la rencontre, une table présente la production de la maison Fundación Senda. Au milieu de tous ces curieux objets, plusieurs exemplaires de la revue Vox, en photo ci-dessus. Les petits vieux sont ébahis. Est-ce bien toujours de la poésie ? Et quelle idée étonnamment moderne que tous ces livrets et toutes ces couleurs. On risque l’épilepsie, non ?
CP
