Les Aventures de Daniel Cressan racontées par l’auteur par Daniel Cressan
Format comic, 32 pages n&b, chez les Requins Marteaux, 2001
OK, il ne s’agit pas à proprement parler d’un fanzine. Cependant, ce léger bouquin, reprenant l’intégrale des strips de Daniel (enfin, moins un, pour des raisons familiales) est pour la plupart d’entre nous, la dernière trace des véritables zines auto-édité par le jeune étudiant rennais. On a dit de lui qu’il était l’auteur du livre “le plus mal photocopié et agrafé qui soit”. Et le garçon en était fier, d’après son frère Alain qui signe la préface du recueil. Daniel Cressan fut donc ce personnage, adoubé par Feraille, Lolmède ou Tony Papin, qui traversa la bédé underground telle une comète. Décédé trop tôt, d’un accident bête en salle de bain, son grand oeuvre est donc réuni dans ces quelques pages.
Ce qui - en un sens - n’est pas si mal. Le personnage de Daniel et ses histoires étaient finalement sans prétention, absolument anecdotique, avec cette sorte d’humour plat, très étonnant. Comme il le disait lui-même dans ce strip qui résume tout le reste (voire toute une production amateur, photocopiée, souterraine…) : “Quand j’étais petit, je voulais être dessinateur quand je serai grand. Tant pis, je suis dessinateur quand-même.”
En clair, j’ai toujours trouvé que Daniel Cressan était, un peu par hasard peut-être, un de ces auteurs ayant trouvé la parfaite “forme sens” (terme d’Henry Meschonnic parlant de poésie), tant tout - des anecdotes elles-mêmes, au dessin mal fichu, en passant par la reproduction foireuse - semble s’accorder en une voix singulière, élevant la médiocrité et le banal au rang des plus grands.
PS : pour ceux que ça intéresserait, j’ai - d’une façon assez inattendue - eu des échanges avec Alain, son frère, et lorsque j’ai souligné avoir comme vieux rêve la réédition de ces pages désormais indisponibles chez l’éditeur, il n’ y a vu aucune objection… peut-être temps alors d’y penser ?
CP
