Camping sauvage, de Jérôme Bihan145mm x 105mm, 24 pages, 2014, Radio as paper.
Figure tutélaire de Radio as paper, fanzine voyageur de qualité (créé à Auckland, Nouvelle Zélande, avant de partir à Berlin puis de s’installer à Nantes), Jérôme Bihan a étrenné la collection rapmc. Ces micro-albums à l’italienne paraissent très régulièrement : moins de vingt pages, des bords ronds, une couv imprimée en riso, leur aspect physique est à la fois DIY et très soigné.
Camping sauvage a un aspect très classique, dans son dessin élégant, son récit construit selon les règles les plus balisées du 9e art. C’est l’histoire d’un petit-fils qui s’ennuie chez des grands-parents qui cachent bien leur jeu, à l’ombre des éoliennes. Une tente, un mystérieux voisin, et nous voilà embarqué vers une subtile conclusion empreinte de poésie douce. (MR) 
Site de Radio As Paper

Camping sauvage, de Jérôme Bihan
145mm x 105mm, 24 pages, 2014, Radio as paper.

Figure tutélaire de Radio as paper, fanzine voyageur de qualité (créé à Auckland, Nouvelle Zélande, avant de partir à Berlin puis de s’installer à Nantes), Jérôme Bihan a étrenné la collection rapmc. Ces micro-albums à l’italienne paraissent très régulièrement : moins de vingt pages, des bords ronds, une couv imprimée en riso, leur aspect physique est à la fois DIY et très soigné.

Camping sauvage a un aspect très classique, dans son dessin élégant, son récit construit selon les règles les plus balisées du 9e art. C’est l’histoire d’un petit-fils qui s’ennuie chez des grands-parents qui cachent bien leur jeu, à l’ombre des éoliennes. Une tente, un mystérieux voisin, et nous voilà embarqué vers une subtile conclusion empreinte de poésie douce. (MR) 

Site de Radio As Paper

10 notes

PREMIER FORUM DES FANZINES ET DE L’ÉDITION MODESTE 
Samedi 29 mars, de 13h30 à 23h Le Petit Ney, 10, avenue de la Porte Montmartre Paris 18e. 13h30 - 23h00
Le forum se veut à la fois lieu de rencontre et de débat entre praticiens et lecteurs de fanzines.Pour ce faire, le Petit Ney accueillera pendant une demi-journée plusieurs événements autours du fanzines et de la micro-édition.L’entrée est gratuite et vous permettra :
- de découvrir de nombreux fanzines mis en vente dans une distro libre, avec plusieurs auteurs présents (parmi eux les zines Gorgonzola, Présence d’Esprit, les productions d’Olive Booger, Laurent Lolmède, Lénon, La Cafetière, La Nuagerie? etc.) ;
- de participer à une rencontre/débat autours de l’EGOZINE animée par Maël Rannou avec Laurent Lolmède, Rodolphe Cobetto-Caravanes et Asflow (à partir de 18h) ;- d’assister un concert de d’Anne Robinet (à partir de 20h) ;Et pleins d’autres choses (tombola sans argent, atelier de fanzine…)Un événement organisé par l’Utopie DOcumentaire DU Fanzine.PRÉSENTATION DÉTAILLÉE sur :http://fanzineparis.over-blog.com

PREMIER FORUM DES FANZINES ET DE L’ÉDITION MODESTE

Samedi 29 mars, de 13h30 à 23h Le Petit Ney, 10, avenue de la Porte Montmartre Paris 18e. 13h30 - 23h00

Le forum se veut à la fois lieu de rencontre et de débat entre praticiens et lecteurs de fanzines.

Pour ce faire, le Petit Ney accueillera pendant une demi-journée plusieurs événements autours du fanzines et de la micro-édition.

L’entrée est gratuite et vous permettra :

- de découvrir de nombreux fanzines mis en vente dans une distro libre, avec plusieurs auteurs présents (parmi eux les zines Gorgonzola, Présence d’Esprit, les productions d’Olive Booger, Laurent Lolmède, Lénon, La Cafetière, La Nuagerie? etc.) ;

- de participer à une rencontre/débat autours de l’EGOZINE animée par Maël Rannou avec Laurent Lolmède, Rodolphe Cobetto-Caravanes et Asflow (à partir de 18h) ;

- d’assister un concert de d’Anne Robinet (à partir de 20h) ;

Et pleins d’autres choses (tombola sans argent, atelier de fanzine…)

Un événement organisé par l’Utopie DOcumentaire DU Fanzine.

PRÉSENTATION DÉTAILLÉE sur :
http://fanzineparis.over-blog.com

17 notes

Altération minimale, de VallaleFormat A5, 12 pages, Valeur alternative, 2012-…
Déjà auteur de plusieurs fanzines, Vallale s’est lancé début 2012 sans une série de fanzines à parution plus ou moins régulière (à peu près toutes les saisons moins l’été). S’ils sont brefs, chaque numéro d’Alternative minimale contient plusieurs récits courts, toujours bien sentis, allant du gag potache - personnifiés par Judith et March - aux fables douces-amères du fantastique enfant-licorne.
On retrouve aussi Diego l’hippopotame et son ami geek à queue de cheval. Allant à l’encontre de ce qu’on pourrai imaginer ils vivent des histoires curieuses, loin du délire jeu vidéesque, où l’incursion de l’absurde vient bouleverser leur quotidien - mais pas tant que ça.
De manière générale il y a dans les histoires de Vallale une sorte de pesanteur curieuse, une retenue qui évite de sombrer dans le n’importe quoi facile pour rester dans un entredeux où les frontières vacillent. Rien de si étonnant pour l’auteur du Fil (La Nuagerie, 2011), qui suivait le difficile équilibre d’un funambule. Graphiquement, Vallale a une palette assez variée mais se dirige ici vers un trait, une netteté et un usage des trames évoquant pêle-mêle Jeff Smith et Daniel Clowes.
Le n°5 lance le début d’une longue histoire à suivre, Les Bébés en poudre, qui sera publié par chapitre, rapprochant encore le Altération minimale de l’esprit des comics indépendants. Une rareté dans le fanzinat français qu’il serait dommage de manquer, d’autant que le prix de vente de chaque numéro est dérisoire. (MR)

Altération minimale, de Vallale
Format A5, 12 pages, Valeur alternative, 2012-…

Déjà auteur de plusieurs fanzines, Vallale s’est lancé début 2012 sans une série de fanzines à parution plus ou moins régulière (à peu près toutes les saisons moins l’été). S’ils sont brefs, chaque numéro d’Alternative minimale contient plusieurs récits courts, toujours bien sentis, allant du gag potache - personnifiés par Judith et March - aux fables douces-amères du fantastique enfant-licorne.

On retrouve aussi Diego l’hippopotame et son ami geek à queue de cheval. Allant à l’encontre de ce qu’on pourrai imaginer ils vivent des histoires curieuses, loin du délire jeu vidéesque, où l’incursion de l’absurde vient bouleverser leur quotidien - mais pas tant que ça.

De manière générale il y a dans les histoires de Vallale une sorte de pesanteur curieuse, une retenue qui évite de sombrer dans le n’importe quoi facile pour rester dans un entredeux où les frontières vacillent. Rien de si étonnant pour l’auteur du Fil (La Nuagerie, 2011), qui suivait le difficile équilibre d’un funambule. Graphiquement, Vallale a une palette assez variée mais se dirige ici vers un trait, une netteté et un usage des trames évoquant pêle-mêle Jeff Smith et Daniel Clowes.

Le n°5 lance le début d’une longue histoire à suivre, Les Bébés en poudre, qui sera publié par chapitre, rapprochant encore le Altération minimale de l’esprit des comics indépendants. Une rareté dans le fanzinat français qu’il serait dommage de manquer, d’autant que le prix de vente de chaque numéro est dérisoire. (MR)

1 note

Sans titre (ou Google), par Glades, 24 pages, A5, couleur, 201x

Depuis que j’oeuvre dans la bd et le fanzinat, je tiens à l’idée que tout ça fait aussi partie de la littérature. Et c’est toute une question de savoir ce qui fait qu’il y a littérature. La piste principale, celle que j’ai retenue comme la plus importante, est celle énoncée par Sartre comme sa prérogative : la lecture. C’est déjà un point. En gros, tout comme une chaise n’en est pas une tant qu’on ne s’assoit pas dessus, un livre n’en est pas un tant qu’on ne le lit pas, tant qu’un esprit humain ne le fait pas vivre.

Pour aller plus loin, la lecture “littéraire”, c’est celle qui fait des connexions, celle qui ne se contente pas de lire, comme on le fait au CP, mais qui emmène avec sa propre imagination, son propre background, le livre plus loin que lui-même. Tiens, si tu ouvres Le Magazine Littéraire de septembre, il y a cette citation de Proust, qui est pas mal sur le sujet :

"Et c’est là, en effet, un des grands et merveilleux caractères des beaux livres (…) que pour l’auteur ils pourraient s’appeler Conclusions et pour le lecteur Incitations. Nous sentons très bien que notre sagesse commence là où celle de l’auteur finit, et nous voudrions qu’il nous donnât des réponses, quand tout ce qu’il peut faire est de nous donner des désirs."

Je ne pensais pas du tout à tout ça ce weekend, quand je suis allé faire un tour au festival Fanzines ! organisé par Papier Gâché, à Paris. Mais me baladant dans l’expo faite à la bibliothèque Marguerite Duras, je tombe sur le zine ci-dessus qui pendait au milieu de tout un tas de BD gribouillées, de machins expérimentaux obscurs et de beaux graphzines aux formats improbables.

Qu’on sache une chose à mon sujet : tout le pan graphzine de la scène fanzine me laisse vaguement perplexe. Assez fasciné la plupart du temps, émerveillé esthétiquement, mais souvent le sentiment d’un, “oui, bon, et après ?”. Enfin, c’est moi et ma sensibilité littéraire qui veut des histoires ou au moins ce que Dostoïevski appelait un poème. Autrement dit, une métaphore qui transmet implicitement un discours.

Je tombe donc sur le zine de (je le comprendrais ensuite en trouvant ses autres oeuvres dans les bacs) Glades, ou Emma Wood, de son vrai nom. Les zines de la jeune fille sont en fait des sortes de Tumblr papier, des compilations thématiques de choses glanées ci et là. C’est intéressant, parce que ça pose une autre question, qui va avec celle d’au-dessus : est-elle l’auteur des livrets, puisque rien de ce qui y est publié n’est de sa main ?

Question rhétorique de ma part, mais qui n’appelle aucune réponse : c’est là tout l’intérêt de ce type d’ouvrage. Mais là où le travail de Glades n’est pas à nier, c’est dans celui des connections qu’elle propose. L’un des zines, A Period piece, compile des témoignages envoyés par des amies et lectrices et de vieilles pubs pour des serviettes hygiéniques. Pas de clef de lecture offerte, mais des questions soulevées.

C’est surtout celui trouvé en premier qui m’a interpelé. Un formidable objet qui remue toutes les grandes questions : est-ce de la littérature ? est-ce de l’art ? y a-t-il un auteur pour ce livre ? est-ce que j’aurais pas pu faire même chose, moi aussi ? Et en quelque sorte, on s’en fiche un peu.

Le livret, donc, est une compilation de capture d’écran : des bouts de recherches faites sur Google, le moteur bien connu proposant de lui-même les recherches précédentes, les plus populaires, pouvant nous intéresser. Apparaissent de grandes question existentialistes universelles : "Suis-je la pire personne au monde ?" "Suis-je mauvais parce que je ne vais jamais à l’église ?" "Pourquoi je suis toujours fatigué ?" "Pourquoi je suis si moche ?" "Pourquoi mon vagin gratte ?" "Pourquoi mon van surchauffe ?" "Comment faire tomber quelqu’un amoureux de moi ?" "Comment faire de quelqu’un un admin sur un serveur Minecraft ?" Et bien d’autres.

Et rien de plus pourrait-on être tenté de dire. Et pourtant. Ce petit livret sans grande prétention est l’essence même de ce qui fait le littérature : il fait des connexions et ouvre des portes. En 24 pages il nous raconte les histoires de l’humanité d’aujourd’hui. Il nous pose les questions que se posent nos semblables. Questions qui les hantent tant, qu’ils vont quémander des réponses auprès du grand dieu Google. Et moi, ça me fascine tout simplement ce genre de petit objet.

Un petit truc qui n’a l’air de rien, et qui contient pourtant un beau bout de monde. Connexions, questions, ouvertures, pistes. Un objet qui prend vie quand un curieux vient l’ouvrir et ouvre en même temps son esprit au monde. La littérature, en somme. Je surkiffe.

[CP]

[ps : plus sur Glades > http://gladeszines.tumblr.com/]

6 notes

Deadlines (2010-2013), JacquesFormat A6, 66 pages, Editions La Chose, premier trimestre 2013      En 2010, Jacques, auteur (sous le pseudonyme Naz), et responsable des éditions La chose, fut à l’initiative de la revue Récit. Ce petit livre regroupe l’ensemble des mails qu’il adressa aux participants pressentis : présentation du projet, dates limite de remise des planches, annonce de sortie du numéro en cours, relance, rerelance… Tout auteur ayant participé régulièrement à une revue connaît par cœur ce type de courrier qui en général vient s’empiler dans le disque dur de son ordinateur… courriers éphémères et périssables, ils semblent destinés à mourir, dépassés automatiquement par la course du temps et par l’urgence dans laquelle ils s’inscrivent. Et pourtant cette collection de textes, mise en forme avec sobriété dans cet ouvrage à la présentation soignée, s’élève bien au dessus de leur conjoncture, du fait déjà de la personnalité de leur auteur, associant l’enthousiasme du débutant improvisé rédac’chef, et un sens certain de l’autodérision.  La répétition des relances oblige ainsi le rédac’chef à déployer des trésors d’imagination pour varier ses formules, ses mises en garde, mises en train, rappels, créant une sorte d’exercice de style forcé. Sortis de leur contexte, les messages acquièrent un statut particulier, aux effets poétiques assez proches de l’absurde par l’accumulation d’invitations répétées, de deadlines dépassées, redéfinies indéfiniment, et qui semblent plonger leur énonciateur dans une douce folie. Enfin, certaines lettres contiennent des passages de doute et d’interrogation - notamment sur la finalité d’un projet de fanzine au rythme soutenu, fait par des auteurs déjà assez âgés, et à une époque peu propice - qui donnent au livre une certaine gravité et en font toute la nécessité.       (BB)

Deadlines (2010-2013), Jacques
Format A6, 66 pages, Editions La Chose, premier trimestre 2013
      En 2010, Jacques, auteur (sous le pseudonyme Naz), et responsable des éditions La chose, fut à l’initiative de la revue Récit. Ce petit livre regroupe l’ensemble des mails qu’il adressa aux participants pressentis : présentation du projet, dates limite de remise des planches, annonce de sortie du numéro en cours, relance, rerelance… Tout auteur ayant participé régulièrement à une revue connaît par cœur ce type de courrier qui en général vient s’empiler dans le disque dur de son ordinateur… courriers éphémères et périssables, ils semblent destinés à mourir, dépassés automatiquement par la course du temps et par l’urgence dans laquelle ils s’inscrivent. Et pourtant cette collection de textes, mise en forme avec sobriété dans cet ouvrage à la présentation soignée, s’élève bien au dessus de leur conjoncture, du fait déjà de la personnalité de leur auteur, associant l’enthousiasme du débutant improvisé rédac’chef, et un sens certain de l’autodérision.  La répétition des relances oblige ainsi le rédac’chef à déployer des trésors d’imagination pour varier ses formules, ses mises en garde, mises en train, rappels, créant une sorte d’exercice de style forcé. Sortis de leur contexte, les messages acquièrent un statut particulier, aux effets poétiques assez proches de l’absurde par l’accumulation d’invitations répétées, de deadlines dépassées, redéfinies indéfiniment, et qui semblent plonger leur énonciateur dans une douce folie. Enfin, certaines lettres contiennent des passages de doute et d’interrogation - notamment sur la finalité d’un projet de fanzine au rythme soutenu, fait par des auteurs déjà assez âgés, et à une époque peu propice - qui donnent au livre une certaine gravité et en font toute la nécessité.
      (BB)

7 notes

Dossier Kamb, par Frédéric Maye et Daniel TesmoingtFormat A5, 24 pages, Kirby, 2005.
Artisan majeur de Vaillant et Pif pour qui il créera de nombreuses séries (Dicentim, Couik, Teddy Ted, Zor et Mlouf…), Jacques Kamb publie encore aujourd’hui, auto-éditant - à 80 ans passé - les albums de ses héros et créant des bandes inédites. Si Kamb est amoureux du calembour à l’excès et n’est pas un dessinateur virtuose, c’est un très bon “capteur”, capable de synthétiser à merveille des idées complexes, ce qui en a fait un excellent affichiste.
Depuis des années Frédéric Maye consacre son temps libre à la découverte de l’impressionnante carrière de Kamb. Un travail de fourmi dont on trouve la trace sur le Dicentimblog, site assez peu ergonomique mais foisonnant d’infos en tout genre, et dans divers opuscule autoédités ou publié avec le concours du fanzine Kirby.
Parmi eux, le Dossier Kamb a le mérite d’être impeccablement reproduit (d’autres avaient la fâcheuse habitude de publier des documents pixellisés), peu cher et complet. En quelques pages les deux auteurs tracent les contours du travail de Kamb dans la bande dessinée : ses séries pour éditions Vaillant mais aussi celles, moins connues, pour Pilote, ses scénarios sous pseudo pour Record, etc. C’est bref mais synthétique, très richement illustré (avec quelques documents rares) même si l’on regrette l’absence d’étude sur ses intéressantes BDs syndicales.
Ceux qui ne seront pas rassasiés pourront se pencher vers les zines plus spécialisés comme le récent Jacques Kamb chez les Magyars, explorant et listant les traduction hongroises du dessinateur. Un must d’ultra-spécialisation incongrue et sympathique comme seul le fanzine sait en faire. (MR)

Dossier Kamb, par Frédéric Maye et Daniel Tesmoingt
Format A5, 24 pages, Kirby, 2005.

Artisan majeur de Vaillant et Pif pour qui il créera de nombreuses séries (Dicentim, Couik, Teddy Ted, Zor et Mlouf…), Jacques Kamb publie encore aujourd’hui, auto-éditant - à 80 ans passé - les albums de ses héros et créant des bandes inédites. Si Kamb est amoureux du calembour à l’excès et n’est pas un dessinateur virtuose, c’est un très bon “capteur”, capable de synthétiser à merveille des idées complexes, ce qui en a fait un excellent affichiste.

Depuis des années Frédéric Maye consacre son temps libre à la découverte de l’impressionnante carrière de Kamb. Un travail de fourmi dont on trouve la trace sur le Dicentimblog, site assez peu ergonomique mais foisonnant d’infos en tout genre, et dans divers opuscule autoédités ou publié avec le concours du fanzine Kirby.

Parmi eux, le Dossier Kamb a le mérite d’être impeccablement reproduit (d’autres avaient la fâcheuse habitude de publier des documents pixellisés), peu cher et complet. En quelques pages les deux auteurs tracent les contours du travail de Kamb dans la bande dessinée : ses séries pour éditions Vaillant mais aussi celles, moins connues, pour Pilote, ses scénarios sous pseudo pour Record, etc. C’est bref mais synthétique, très richement illustré (avec quelques documents rares) même si l’on regrette l’absence d’étude sur ses intéressantes BDs syndicales.

Ceux qui ne seront pas rassasiés pourront se pencher vers les zines plus spécialisés comme le récent Jacques Kamb chez les Magyars, explorant et listant les traduction hongroises du dessinateur. Un must d’ultra-spécialisation incongrue et sympathique comme seul le fanzine sait en faire. (MR)

2 notes

Hop ! n°84, collectif sous la direction de Louis CanceFormat A4, 64 pages, Association d’étude du mode d’expression graphique de la bande dessinée (AEMEGBD), 4e 1999.
Dirigé par Louis Cance, entre autre dessinateur de Pif, Hop ! s’intéresse particulièrement à la “bande dessinée populaire” ce vocable désignant toute une production de masse avant tout vouée à la distraction et à la rêverie : BD d’humour, Petits formats, comic-strip d’aventure, Pif Gadget, etc.
Chaque numéro se structure globalement de la même manière : un auteur auquel un dossier est consacré, parfois sur plusieurs numéros, divers autres petits articles et de longues recensions des parutions et expérience autours de la BD. Ainsi on peut Hop ! reste un des rares fanzines à s’intéresser à la publications de BD dans des revues non-spécifiques, par exemple. C’est aussi dans ce fanzine qu’on trouve les meilleures nécrologies, rendant hommage à des auteurs souvent oubliés, parfois mineurs mais pas que.
Ce numéro met en avant le génial Jean Tabary, avec une bonne présentation et un court entretien un peu décevant. Le dossier est cependant complété par une des meilleures bibliographie que l’on puisse trouver sur cet artiste hors norme. Un article de Robert Gigi raconte de l’intérieur l’Atelier 63, mis en place par Poïvet, et l’effervescence qui y régnait. Par un malheureux hasard le grand maître du dessin réaliste vient de mourir, un beau texte lui rend hommage, comme à Greg, Prentice et Lécureux, qui apparaissent en couverture pour la même triste occasion.
Trimestriel, Hop ! existe depuis décembre 1973 et parait encore aujourd’hui, avec une régularité qui force le respect. Il a reçu l’Alph-Art du meilleurs fanzine en 1992 et était déjà à l’époque un des rares survivants du fanzinat “historico-critique”. Depuis, peu de titres sont venus le concurrencer (on peut saluer le Papiers Nickelés d’Yves Frémion) et Hop ! confirme son statut d’institution que l’on se prend à rêver immortelle. (MR)

Hop ! n°84, collectif sous la direction de Louis Cance
Format A4, 64 pages, Association d’étude du mode d’expression graphique de la bande dessinée (AEMEGBD), 4e 1999.

Dirigé par Louis Cance, entre autre dessinateur de Pif, Hop ! s’intéresse particulièrement à la “bande dessinée populaire” ce vocable désignant toute une production de masse avant tout vouée à la distraction et à la rêverie : BD d’humour, Petits formats, comic-strip d’aventure, Pif Gadget, etc.

Chaque numéro se structure globalement de la même manière : un auteur auquel un dossier est consacré, parfois sur plusieurs numéros, divers autres petits articles et de longues recensions des parutions et expérience autours de la BD. Ainsi on peut Hop ! reste un des rares fanzines à s’intéresser à la publications de BD dans des revues non-spécifiques, par exemple. C’est aussi dans ce fanzine qu’on trouve les meilleures nécrologies, rendant hommage à des auteurs souvent oubliés, parfois mineurs mais pas que.

Ce numéro met en avant le génial Jean Tabary, avec une bonne présentation et un court entretien un peu décevant. Le dossier est cependant complété par une des meilleures bibliographie que l’on puisse trouver sur cet artiste hors norme. Un article de Robert Gigi raconte de l’intérieur l’Atelier 63, mis en place par Poïvet, et l’effervescence qui y régnait. Par un malheureux hasard le grand maître du dessin réaliste vient de mourir, un beau texte lui rend hommage, comme à Greg, Prentice et Lécureux, qui apparaissent en couverture pour la même triste occasion.

Trimestriel, Hop ! existe depuis décembre 1973 et parait encore aujourd’hui, avec une régularité qui force le respect. Il a reçu l’Alph-Art du meilleurs fanzine en 1992 et était déjà à l’époque un des rares survivants du fanzinat “historico-critique”. Depuis, peu de titres sont venus le concurrencer (on peut saluer le Papiers Nickelés d’Yves Frémion) et Hop ! confirme son statut d’institution que l’on se prend à rêver immortelle. (MR)

2 notes

M-BD, n°4, collectif, 164 pages, couleur, 20x27cm, septembre 2013
Encore une fois, trichons un peu, puisque je présente aujourd’hui un magazine qui parait en kiosques. Je tombe dessus l’autre jour, me trouvant à Gare du Nord, sans lecture et vaguement désemparé à devoir attendre un train pour rentrer chez moi. J’erre dans le relais et tombe sur ce magazine que j’avais déjà vu, sans trop m’y pencher. Je feuillette et considérant les piécettes dans ma poche, me dis : “Pourquoi pas, tiens.”
OK, on y va : on a quoi sous cette couverture pas très sexy (notons l’illustration pixélisée) ? Eh bien un projet aussi ambitieux que casse-gueule. Des petits gars, certainement sortis d’un énième BD-A, qui se décident à lancer un mag à la façon de ce qui se fait au Japon. Autrement dit : le lecteur choisit les séries qui vont continuer ou pas (cf. sur leur site). Et si tu descends dans les votes, faut gérer pour faire du rebondissement génial qui va emporter l’adhésion des foules, ou dans le pire des cas, mettre le mot fin.
Si l’on peut se poser des questions au niveau de la liberté artistique que laisse ce fonctionnement aux auteurs (surtout au niveau de l’industrie du manga a Japon), disons qu’à ce niveau, ça donne peut-être aux auteurs (qu’on imagine volontaires) un champ d’expérimentation motivant.
Reste que, le résultat global impressionne autant qu’il fait un peu chiche. Livrer 160 pages de BD pour un tel prix (2,90€), ça témoigne d’un certain tempérament volontaire. Peut-être un peu ambitieux, puisque les garçons essayent de redresser la barre avec un appel à dons sur Ulule.
Quant au contenu, ça va du bon au moins bon, dans un joyeux bordel où l’on trouve pelle-mêle bonne vieille BD franco-belge, réaliste ou à gros nez, mangas, comics, sous-bd d’auteur maladroite et quelques petites choses vaguement “fusion”, comme on dit de nos jours. C’est parfois franchement convaincant graphiquement. Parfois moins. Scénaristiquement, ça dépend. Et narrativement, ça a tendance à pêcher pas mal sur quelques bandes.
Et ne parlons pas de la maquette, qui démontre un bel amateurisme (qui donne au tout ce côté “prozine”). Ni des traductions assez nulles des deux mangas présents qui les rendent simplement incompréhensibles. On y trouve tout de même de jolies choses prometteuses, comme le manga made in France de Matthieu Thonon, qui sent le petit gars qui a bien digéré son influence Otomo. Ou le comics post-Kirby et psyché de Tom Scioli. On appréciera l’univers des Halloween Kids de Yusuke Yamashita et sa colorisation aquarelle/crayon de couleur. On restera intrigué par le boulot de Rémédium. On félicitera Tomkat d’avoir si bien survécu à sa lecture de Kaméha Magazine et Gotham Magazine.
Enfin, un projet qu’on pourra trouver tout bancal en faisant le difficile, mais qui, si l’on est dans un bon jour, intriguera au point que, peut-être, on achèterait bien le prochain numéro, pour voir.
[CP]

M-BD, n°4, collectif, 164 pages, couleur, 20x27cm, septembre 2013

Encore une fois, trichons un peu, puisque je présente aujourd’hui un magazine qui parait en kiosques. Je tombe dessus l’autre jour, me trouvant à Gare du Nord, sans lecture et vaguement désemparé à devoir attendre un train pour rentrer chez moi. J’erre dans le relais et tombe sur ce magazine que j’avais déjà vu, sans trop m’y pencher. Je feuillette et considérant les piécettes dans ma poche, me dis : “Pourquoi pas, tiens.”

OK, on y va : on a quoi sous cette couverture pas très sexy (notons l’illustration pixélisée) ? Eh bien un projet aussi ambitieux que casse-gueule. Des petits gars, certainement sortis d’un énième BD-A, qui se décident à lancer un mag à la façon de ce qui se fait au Japon. Autrement dit : le lecteur choisit les séries qui vont continuer ou pas (cf. sur leur site). Et si tu descends dans les votes, faut gérer pour faire du rebondissement génial qui va emporter l’adhésion des foules, ou dans le pire des cas, mettre le mot fin.

Si l’on peut se poser des questions au niveau de la liberté artistique que laisse ce fonctionnement aux auteurs (surtout au niveau de l’industrie du manga a Japon), disons qu’à ce niveau, ça donne peut-être aux auteurs (qu’on imagine volontaires) un champ d’expérimentation motivant.

Reste que, le résultat global impressionne autant qu’il fait un peu chiche. Livrer 160 pages de BD pour un tel prix (2,90€), ça témoigne d’un certain tempérament volontaire. Peut-être un peu ambitieux, puisque les garçons essayent de redresser la barre avec un appel à dons sur Ulule.

Quant au contenu, ça va du bon au moins bon, dans un joyeux bordel où l’on trouve pelle-mêle bonne vieille BD franco-belge, réaliste ou à gros nez, mangas, comics, sous-bd d’auteur maladroite et quelques petites choses vaguement “fusion”, comme on dit de nos jours. C’est parfois franchement convaincant graphiquement. Parfois moins. Scénaristiquement, ça dépend. Et narrativement, ça a tendance à pêcher pas mal sur quelques bandes.

Et ne parlons pas de la maquette, qui démontre un bel amateurisme (qui donne au tout ce côté “prozine”). Ni des traductions assez nulles des deux mangas présents qui les rendent simplement incompréhensibles. On y trouve tout de même de jolies choses prometteuses, comme le manga made in France de Matthieu Thonon, qui sent le petit gars qui a bien digéré son influence Otomo. Ou le comics post-Kirby et psyché de Tom Scioli. On appréciera l’univers des Halloween Kids de Yusuke Yamashita et sa colorisation aquarelle/crayon de couleur. On restera intrigué par le boulot de Rémédium. On félicitera Tomkat d’avoir si bien survécu à sa lecture de Kaméha Magazine et Gotham Magazine.


Enfin, un projet qu’on pourra trouver tout bancal en faisant le difficile, mais qui, si l’on est dans un bon jour, intriguera au point que, peut-être, on achèterait bien le prochain numéro, pour voir.


[CP]

Trantor n°3, collectif dirigé par Francis ValéryFormat A4, 24 pages, L’Académie de l’espace, janvier 1988.
Dans les défricheurs originels du fanzinat, les amoureux de Science Fiction étaient nombreux. Rejetés par l’establishment culturel, la SF et la fantasy ont d’ailleurs parfois fait fanzine commun avec la BD (voire le polar), des amateurs éclairés tentant d’englober dans un même mouvement toutes les “littératures marginales”.
Trantor n°3, qui est en fait un n°1, mais suis deux luxueux numéros de L’Université Impériale de Trantor, est un modeste fanzine photocopié se proposant d’étudier l’histoire de la SF. Son édito pointe trois angles d’attaque : la SF française d’avant 1945, la SF anglo-saxonne d’avant 1945 et l’âge d’or de la SF au cinéma, à la télévision et dans les comicbooks (années 50).
Ce premier numéro, tiré à 50 exemplaire, est quasi-intégralement composé d’un long article sur Science Fiction magazine, qui pourrait être la première revue de SF française (un doute subsiste sur le mois de parution du premier numéro). Éphémère revue ayant quatre numéros connus dans divers recensements, les n°3&4 sont en fait quasi inconnus, et appartiennent presque au mythe.
Après une minutieuse enquête Francis Valéry a fini par trouver ces fameux numéro et détaille donc leur contenu : il décrit les nouvelles, cherche les correspondances avec les revues américaines, repère les très grandes inspirations de l’illustrateur de couvertures.
L’article se lit comme une enquête palpitante, et on est tout heureux de découvrir les conclusions enthousiastes de l’auteur, fou de son sujet et qui sait transmettre son intérêt (ce qui dans mon cas n’était pas gagné).
Quelques chroniques du monde de la SF témoignant d’un large spectre - on parle de romans, de BDs, de revues, de films, le tout en VO comme en VF - complètent ce numéro, témoin tardif de la richesse du fanzinat de SF, qu’il faudrait aussi prendre le temps d’explorer. (MR)

Trantor n°3, collectif dirigé par Francis Valéry
Format A4, 24 pages, L’Académie de l’espace, janvier 1988.

Dans les défricheurs originels du fanzinat, les amoureux de Science Fiction étaient nombreux. Rejetés par l’establishment culturel, la SF et la fantasy ont d’ailleurs parfois fait fanzine commun avec la BD (voire le polar), des amateurs éclairés tentant d’englober dans un même mouvement toutes les “littératures marginales”.

Trantor n°3, qui est en fait un n°1, mais suis deux luxueux numéros de L’Université Impériale de Trantor, est un modeste fanzine photocopié se proposant d’étudier l’histoire de la SF. Son édito pointe trois angles d’attaque : la SF française d’avant 1945, la SF anglo-saxonne d’avant 1945 et l’âge d’or de la SF au cinéma, à la télévision et dans les comicbooks (années 50).

Ce premier numéro, tiré à 50 exemplaire, est quasi-intégralement composé d’un long article sur Science Fiction magazine, qui pourrait être la première revue de SF française (un doute subsiste sur le mois de parution du premier numéro). Éphémère revue ayant quatre numéros connus dans divers recensements, les n°3&4 sont en fait quasi inconnus, et appartiennent presque au mythe.

Après une minutieuse enquête Francis Valéry a fini par trouver ces fameux numéro et détaille donc leur contenu : il décrit les nouvelles, cherche les correspondances avec les revues américaines, repère les très grandes inspirations de l’illustrateur de couvertures.

L’article se lit comme une enquête palpitante, et on est tout heureux de découvrir les conclusions enthousiastes de l’auteur, fou de son sujet et qui sait transmettre son intérêt (ce qui dans mon cas n’était pas gagné).

Quelques chroniques du monde de la SF témoignant d’un large spectre - on parle de romans, de BDs, de revues, de films, le tout en VO comme en VF - complètent ce numéro, témoin tardif de la richesse du fanzinat de SF, qu’il faudrait aussi prendre le temps d’explorer. (MR)

Houses of the Holy, par Caitlin Skaalrud,144x228 mms, 24 pages, 2013, Talk Weird Press.http://talkweirdpress.comA quoi peut-on reconnaître quelqu’un de talentueux, de prometteur ? Peut-être à la simple constatation que chacune de ses publications est plus aboutie, plus convaincante, plus enthousiasmante que la précédente ; et que la première, déjà, donnait l’impression d’une solide révélation.House of the Holy est le quatrième bouquin de la jeune Caitlin Skaalrud, une artiste ayant obtenue le soutien de ses pairs via la fameuse bourse Xeric accordée par la fondation du même nom, l’an passé.Depuis, Caitlin, entre deux réglages de sa propre presse offset (oui oui : une presse offset ; on est loin du Riso, les amis…), n’a de cesse de creuser sa place au sein des jeunes auteurs cainris qui comptent déjà, et il semble évident de considérer cette nouvelle parution comme une belle confirmation des espoirs que certains glorieux aînés laissaient entrevoir à la découverte de ses premières pages. Et c’est avec énergie et fougue qu’elle dirige la petite structure Talk Weird Press, via laquelle elle publie chacun de ses comics.Après plusieurs expérimentations quand à la narration (dans “Sea Change”, elle proposait déjà une lecture basée sur le principe du “livre dont vous êtes le héros”, avec des sauts de lectures dépendant du choix du lecteur), House of the Holy aborde avec une grande réussite une suite de dessins narratifs parfois pleine page, ou reprenant un découpage de page au cordeau. On a affaire à quelqu’un qui réfléchit à ce qu’elle fait, et cela se ressent à chaque page…En se renseignant un peu, on constate que la jeune Caitlin Skaalrud considère avec rigueur et sérieux le rôle de l’artiste aujourd’hui, en prenant soin de différencier la part de divertissement qu’on trouve dans l’art et ce que l’on est en droit d’en attendre : s’il y a de l’ambition dans le propos, on peut se féliciter de voir dans chacune des nouvelles productions de la demoiselle quelque chose qui fait acte de cette posture. Et c’est de mieux en mieux, alors…Si vous avez l’impression que votre curiosité pour la petite édition n’a jamais été autant sollicitée pour le meilleur et surtout le pire (et encore plus depuis l’avènement des réseaux sociaux), voilà qui pourrait bien vous réconcilier avec la jeune création.  Il y a une forme de poésie de ce qui ne se dit pas dans House of the Holy. Une forme d’importance accordée au côté primordial du ressenti (du ressenti ancestral, pourrait-on dire), ce genre de choses qui n’est pas enseigné et qui échappe à la science ou à la transmission dans notre société. Certains appelleront ça spiritualité, et pourront aussitôt classer cette histoire dans le bac des choses métaphoriques fantastico-chiantes : il n’en est rien.Il s’agit simplement d’une très très belle manière de parler de soi en échappant aux formes ressassées de l’autobiographie (omniprésente dans la création contemporaine, là aussi pour le meilleur et le pire), tout naturellement, mais avec un vrai travail sur la forme, pertinent et exigeant.Et c’est très joliment fait, même si rude et douloureux à la découverte…A découvrir, vite vite vite.JJM

Houses of the Holy, par Caitlin Skaalrud,
144x228 mms, 24 pages, 2013, Talk Weird Press.
http://talkweirdpress.com

A quoi peut-on reconnaître quelqu’un de talentueux, de prometteur ? Peut-être à la simple constatation que chacune de ses publications est plus aboutie, plus convaincante, plus enthousiasmante que la précédente ; et que la première, déjà, donnait l’impression d’une solide révélation.

House of the Holy est le quatrième bouquin de la jeune Caitlin Skaalrud, une artiste ayant obtenue le soutien de ses pairs via la fameuse bourse Xeric accordée par la fondation du même nom, l’an passé.
Depuis, Caitlin, entre deux réglages de sa propre presse offset (oui oui : une presse offset ; on est loin du Riso, les amis…), n’a de cesse de creuser sa place au sein des jeunes auteurs cainris qui comptent déjà, et il semble évident de considérer cette nouvelle parution comme une belle confirmation des espoirs que certains glorieux aînés laissaient entrevoir à la découverte de ses premières pages. Et c’est avec énergie et fougue qu’elle dirige la petite structure Talk Weird Press, via laquelle elle publie chacun de ses comics.

Après plusieurs expérimentations quand à la narration (dans “Sea Change”, elle proposait déjà une lecture basée sur le principe du “livre dont vous êtes le héros”, avec des sauts de lectures dépendant du choix du lecteur), House of the Holy aborde avec une grande réussite une suite de dessins narratifs parfois pleine page, ou reprenant un découpage de page au cordeau. On a affaire à quelqu’un qui réfléchit à ce qu’elle fait, et cela se ressent à chaque page…

En se renseignant un peu, on constate que la jeune Caitlin Skaalrud considère avec rigueur et sérieux le rôle de l’artiste aujourd’hui, en prenant soin de différencier la part de divertissement qu’on trouve dans l’art et ce que l’on est en droit d’en attendre : s’il y a de l’ambition dans le propos, on peut se féliciter de voir dans chacune des nouvelles productions de la demoiselle quelque chose qui fait acte de cette posture. Et c’est de mieux en mieux, alors…
Si vous avez l’impression que votre curiosité pour la petite édition n’a jamais été autant sollicitée pour le meilleur et surtout le pire (et encore plus depuis l’avènement des réseaux sociaux), voilà qui pourrait bien vous réconcilier avec la jeune création.  

Il y a une forme de poésie de ce qui ne se dit pas dans House of the Holy. Une forme d’importance accordée au côté primordial du ressenti (du ressenti ancestral, pourrait-on dire), ce genre de choses qui n’est pas enseigné et qui échappe à la science ou à la transmission dans notre société. Certains appelleront ça spiritualité, et pourront aussitôt classer cette histoire dans le bac des choses métaphoriques fantastico-chiantes : il n’en est rien.
Il s’agit simplement d’une très très belle manière de parler de soi en échappant aux formes ressassées de l’autobiographie (omniprésente dans la création contemporaine, là aussi pour le meilleur et le pire), tout naturellement, mais avec un vrai travail sur la forme, pertinent et exigeant.
Et c’est très joliment fait, même si rude et douloureux à la découverte…
A découvrir, vite vite vite.

JJM

5 notes

Comme les grands, de Sophie Bédard56 pages, N&B, Colosse, 2011.
Autre découverte des belles éditions Colosse (structure fédérant divers auteurs québécois s’autoéditant sous cette bannière, on en a déjà parlé ici, ici ou ici), Sophie Bédard est une jeune dessinatrice dont le trait, d’abord classique, semble porter une grande candeur, voire de la naïveté.
C’est ce trait qui m’a d’abord éloigné de ses livres, “pas pour moi” me disais-je sottement, jusqu’à ce que je lise Comme des grands, pour voir. Et voilà la baffe, la petite honte aussi, d’avoir si sottement jugé un livre à un dessin sobre et faussement gentillet qui est justement une de ses forces.
Comme des grands est un récit puissant : une fugue, deux enfants, la mort et la douleur. C'est aussi une forêt, des animaux, un renard, une non-idéalisation de la nature… Le résumer est vain et en dirait trop, indiquons juste que l’auteure sait parfaitement doser les tension, et joue à merveille du décalage entre le fond et la forme. Le dessin qui nous apparaissait mignon devient finalement brutal, portant en lui toute la cruauté de l’enfance. Un récit très réaliste en somme.
Malgré son jeune âge, la production de Sophie Bédard est déjà abondante et s’apparente à un sans faute. Elle réalise actuellement Glorieux printemps, un long webcomic (trois épais tomes sont parus chez Pow Pow) suivant de grands adolescents, qui confirme son implacable sens du dialogue et du rythme (MR).

Comme les grands, de Sophie Bédard
56 pages, N&B, Colosse, 2011.

Autre découverte des belles éditions Colosse (structure fédérant divers auteurs québécois s’autoéditant sous cette bannière, on en a déjà parlé ici, ici ou ici), Sophie Bédard est une jeune dessinatrice dont le trait, d’abord classique, semble porter une grande candeur, voire de la naïveté.

C’est ce trait qui m’a d’abord éloigné de ses livres, “pas pour moi” me disais-je sottement, jusqu’à ce que je lise Comme des grands, pour voir. Et voilà la baffe, la petite honte aussi, d’avoir si sottement jugé un livre à un dessin sobre et faussement gentillet qui est justement une de ses forces.

Comme des grands est un récit puissant : une fugue, deux enfants, la mort et la douleur. C'est aussi une forêt, des animaux, un renard, une non-idéalisation de la nature… Le résumer est vain et en dirait trop, indiquons juste que l’auteure sait parfaitement doser les tension, et joue à merveille du décalage entre le fond et la forme. Le dessin qui nous apparaissait mignon devient finalement brutal, portant en lui toute la cruauté de l’enfance. Un récit très réaliste en somme.

Malgré son jeune âge, la production de Sophie Bédard est déjà abondante et s’apparente à un sans faute. Elle réalise actuellement Glorieux printemps, un long webcomic (trois épais tomes sont parus chez Pow Pow) suivant de grands adolescents, qui confirme son implacable sens du dialogue et du rythme (MR).

2 notes

Mousse au lini, par Laurent Santi,105x148 mms, 12 pages, 2013.baisetavie.tumblr.comCombien peut-on imaginer trouver de bonnes raisons de créer, d’écrire ? Il y a en probablement autant qu’il y a d’auteurs, aussi contentons-nous aujourd’hui de saluer l’acte spontané et naturel, l’élan désintéressé et passionné qui aura conduit à la réalisation de ce court petit opus de Laurent Santi, qui revient au passage au support fanzine, pour le plus grand bonheur des amateurs des créations du bonhomme.Entre deux recueils de poèmes, l’avignonnais propose le temps d’un court exercice l’équilibre parfait entre un journal de bord et un journal intime : les quelques lignes de ce fanzine puent très fort la sincérité ; l’honnêteté préside à chaque mot, et l’on se souvient avec émotion que ce monde manque trop souvent de la simplicité des choses justes.Tout ça n’est pas si aisé, et n’est pas non plus si courant. L’étalage généralisé du “je”, les tonnes d’encre virtuelle tournant autour du nombril du premier quidam persuadé d’avoir quelque chose de pertinent à écrire (et surtout à partager), l’autocélébration permanente du soi projeté via les réseaux sociaux, et encouragés à grand coups de “likes” : autant de raisons qui éclaircissent un peu la jolie distance mise via cette petite auto-publication. On a l’impression de lire quelque chose qui a été fait pour les bonnes raisons, simplement, et entre trois piles d’horreurs proposées en cette magnifique période de rentrée littéraire, autant dire qu’on en redemande. On sort du vain, le temps de quelques lignes (et ce malgré un titre à la con). C’est déjà ça de pris.La micro-communauté des amateurs de la plume de Santi en sont persuadés depuis longtemps déjà : ce type, entre deux horribles forfaits sur la toile, est capable du meilleur. Une récente escapade amoureuse lui donne l’occasion de renouer avec cette veine. Il y est question de passion, du lac de Côme, et de générosité.JJM

Mousse au lini, par Laurent Santi,
105x148 mms, 12 pages, 2013.
baisetavie.tumblr.com

Combien peut-on imaginer trouver de bonnes raisons de créer, d’écrire ? Il y a en probablement autant qu’il y a d’auteurs, aussi contentons-nous aujourd’hui de saluer l’acte spontané et naturel, l’élan désintéressé et passionné qui aura conduit à la réalisation de ce court petit opus de Laurent Santi, qui revient au passage au support fanzine, pour le plus grand bonheur des amateurs des créations du bonhomme.

Entre deux recueils de poèmes, l’avignonnais propose le temps d’un court exercice l’équilibre parfait entre un journal de bord et un journal intime : les quelques lignes de ce fanzine puent très fort la sincérité ; l’honnêteté préside à chaque mot, et l’on se souvient avec émotion que ce monde manque trop souvent de la simplicité des choses justes.
Tout ça n’est pas si aisé, et n’est pas non plus si courant. L’étalage généralisé du “je”, les tonnes d’encre virtuelle tournant autour du nombril du premier quidam persuadé d’avoir quelque chose de pertinent à écrire (et surtout à partager), l’autocélébration permanente du soi projeté via les réseaux sociaux, et encouragés à grand coups de “likes” : autant de raisons qui éclaircissent un peu la jolie distance mise via cette petite auto-publication. On a l’impression de lire quelque chose qui a été fait pour les bonnes raisons, simplement, et entre trois piles d’horreurs proposées en cette magnifique période de rentrée littéraire, autant dire qu’on en redemande. On sort du vain, le temps de quelques lignes (et ce malgré un titre à la con). C’est déjà ça de pris.

La micro-communauté des amateurs de la plume de Santi en sont persuadés depuis longtemps déjà : ce type, entre deux horribles forfaits sur la toile, est capable du meilleur. Une récente escapade amoureuse lui donne l’occasion de renouer avec cette veine. Il y est question de passion, du lac de Côme, et de générosité.

JJM

5 notes

Franquin et les fanzines, collectif présenté par José-Louis Bocquet145 x 190 mm, 484 pages, Dupuis, 2013.
Massif ouvrage au sympathique petit format, Franquin et les fanzine compile tous les entretiens du maître de Marcinelle avec ces étranges journaux. Richement illustré, le livre est une mine d’informations qui permettent de tracer un portrait sur plus de trente ans, en passant par toutes les phases, de l’auteur de Gaston. Une constante, tous décrivent un homme profondément bienveillant, peu confiant en son talent et très humain.
Il s’agit donc d’une somme sur Franquin, on s’en doutait, mais aussi, et c’est moins fréquent, d’un travail d’ampleur, largement diffusé, sur le fanzinat de bande dessinée. Là où les anciens légataires de Franquin auraient fait une énième marsuproductionnerie bâclée, laide, et très chère, Dupuis a traité ce qui aurai pu être un attrape-collectionneur avec le sérieux de leur collection patrimoniale. Ainsi, après un bref historique, José-Louis Bocquet présente chaque entretien, dressant à chaque fois un portrait du fanzine en question, de sa création à sa fin.
La plupart du temps il a enquêté, retrouvé les interviewer, et met ainsi à jour les connexions profondes de ce fandom encore plus microcosmique à l’éqoque, mais toujours passionné. Certains titres sont des légendes du genre, d’autres n’ont pas marqué les mémoires, tous en disent beaucoup sur une effervescence générale et les principes de fonctionnement du fanzinat.
Les entretiens sont inégaux, souvent les questions se répètent - risque évident d’une compilation d’entretien -, parfois certains visent l’originalité avec un succès plus ou moins grand. Mais cela importe puisque les introductions (parfois plus longues que les entretiens eux-même) sont toujours passionnantes. Évidemment la parole de Franquin est douce, et porte toujours, mais Franquin et les fanzines a eu le bonne idée de ne pas oublier la moitié de son titre, et s’affirme en cela comme un indispensable pour tous les amateurs de  « Presse souterraine ».
Il est à noter que le livre comprend également des entretien parus dans des revues, voire des documents promotionnels, sans doute mis là afin qu’ils ne soient pas perdus, dans un bus d’exhaustivité. Précisons enfin que le tout est présenté sans distinction dans un ordre chronologique bienvenue (Dupuis semble enfin avoir renoncé aux classements thématiques qui ont fait tant de ravage sur les Intégrales Tif et Tondu !).
Fanzines traités : Schtroumpf/Les Cahiers de la  bande dessinée n°10, Krukuk n°1, Esquisse n°3, Falatoff n°12/13, Comics Sentinel n°1, Copyright n°3/4, Stripschrift n°66, Gaston n°1/2, Antirouille hors-série, Haga n°40, Specimen n°1, Tonnerre ! n°4, Saucysson magasine n°4 et n°6, Ratatouille n°4, L’Âge d’or n°6, Sapristi n°16, À l’aise n°15, Esquisse n°2 (non publié), Champagne ! n°6 et Auracan n°2.
Autres entretiens :  En attendant n°22, Schtroumpf/Les Cahiers de la  bande dessinée n°47/48, Le Journal Illustré le plus grand du monde n°1, Dossier de presse Dargaud pour la sortie du Bébé du bout du monde (Marsupilami T2) repris plus tard sur le site BDZoom, Angoulême 89 le magazine et Introduction au tirage de tête de Modeste et pompon, un rêve de designer. (MR)

Franquin et les fanzines, collectif présenté par José-Louis Bocquet
145 x 190 mm, 484 pages, Dupuis, 2013.

Massif ouvrage au sympathique petit format, Franquin et les fanzine compile tous les entretiens du maître de Marcinelle avec ces étranges journaux. Richement illustré, le livre est une mine d’informations qui permettent de tracer un portrait sur plus de trente ans, en passant par toutes les phases, de l’auteur de Gaston. Une constante, tous décrivent un homme profondément bienveillant, peu confiant en son talent et très humain.

Il s’agit donc d’une somme sur Franquin, on s’en doutait, mais aussi, et c’est moins fréquent, d’un travail d’ampleur, largement diffusé, sur le fanzinat de bande dessinée. Là où les anciens légataires de Franquin auraient fait une énième marsuproductionnerie bâclée, laide, et très chère, Dupuis a traité ce qui aurai pu être un attrape-collectionneur avec le sérieux de leur collection patrimoniale. Ainsi, après un bref historique, José-Louis Bocquet présente chaque entretien, dressant à chaque fois un portrait du fanzine en question, de sa création à sa fin.

La plupart du temps il a enquêté, retrouvé les interviewer, et met ainsi à jour les connexions profondes de ce fandom encore plus microcosmique à l’éqoque, mais toujours passionné. Certains titres sont des légendes du genre, d’autres n’ont pas marqué les mémoires, tous en disent beaucoup sur une effervescence générale et les principes de fonctionnement du fanzinat.

Les entretiens sont inégaux, souvent les questions se répètent - risque évident d’une compilation d’entretien -, parfois certains visent l’originalité avec un succès plus ou moins grand. Mais cela importe puisque les introductions (parfois plus longues que les entretiens eux-même) sont toujours passionnantes. Évidemment la parole de Franquin est douce, et porte toujours, mais Franquin et les fanzines a eu le bonne idée de ne pas oublier la moitié de son titre, et s’affirme en cela comme un indispensable pour tous les amateurs de  « Presse souterraine ».

Il est à noter que le livre comprend également des entretien parus dans des revues, voire des documents promotionnels, sans doute mis là afin qu’ils ne soient pas perdus, dans un bus d’exhaustivité. Précisons enfin que le tout est présenté sans distinction dans un ordre chronologique bienvenue (Dupuis semble enfin avoir renoncé aux classements thématiques qui ont fait tant de ravage sur les Intégrales Tif et Tondu !).

Fanzines traités : Schtroumpf/Les Cahiers de la  bande dessinée n°10, Krukuk n°1, Esquisse n°3, Falatoff n°12/13, Comics Sentinel n°1, Copyright n°3/4, Stripschrift n°66, Gaston n°1/2, Antirouille hors-série, Haga n°40, Specimen n°1, Tonnerre ! n°4, Saucysson magasine n°4 et n°6, Ratatouille n°4, L’Âge d’or n°6, Sapristi n°16, À l’aise n°15, Esquisse n°2 (non publié), Champagne ! n°6 et Auracan n°2.

Autres entretiens :  En attendant n°22, Schtroumpf/Les Cahiers de la  bande dessinée n°47/48, Le Journal Illustré le plus grand du monde n°1, Dossier de presse Dargaud pour la sortie du Bébé du bout du monde (Marsupilami T2) repris plus tard sur le site BDZoom, Angoulême 89 le magazine et Introduction au tirage de tête de Modeste et pompon, un rêve de designer(MR)

8 notes

Cumulonimbus, de Mickaël JourdanFormat A5, 60 pages, Les Machines, 2012.
Je vous ai déjà parlé ici des éditions Les Machines et de Catapulte, leur enthousiasmant fanzine. La structure publie également de nombreux albums avec le même credo : façonnage manuel et goût d’un certain récit premier degré mais intéressant, empli de spontanéité.
Parmi eux, Cumulonimbus, le premier livre de Mickaël Jourdan, jeune auteur frisé ne travaillant quasi-exclusivement en ombre chinoise (où, à l’extrême rigueur, en papier découpé). Dans Catapulte, ses récits avaient déjà retenu l’attention. Très plastiques, ses pages assument un choix radical ou le noir et le blanc sont matière, tandis que ses histoires - pourtant toutes différentes - gravitent autours d’une même obsession : le conflit entre l’humain et une nature immense et souvent contrariée.
Cumulonimbus n’échappe pas à la règle, les architectures délirantes et les scènes de pluie sont de toutes beauté et on y voit un météorologue lutter contre un orage fixé sur une ville et qui pousse les gens à rire en permanence. Les autres humains tentent de le convaincre qu’après tout, une condamnation à être heureux et à se sentir bien, ce n’est pas si mal, mais le scientifique continue de lutter contre les éléments, persuadé que la défense du libre-arbitre prime sur tout.
Un opuscule, et des travaux en général, au croisement du trait de Jean-Pierre Dufour et la pensée d’Élisée Reclus. (MR)

Cumulonimbus, de Mickaël Jourdan
Format A5, 60 pages, Les Machines, 2012.

Je vous ai déjà parlé ici des éditions Les Machines et de Catapulte, leur enthousiasmant fanzine. La structure publie également de nombreux albums avec le même credo : façonnage manuel et goût d’un certain récit premier degré mais intéressant, empli de spontanéité.

Parmi eux, Cumulonimbus, le premier livre de Mickaël Jourdan, jeune auteur frisé ne travaillant quasi-exclusivement en ombre chinoise (où, à l’extrême rigueur, en papier découpé). Dans Catapulte, ses récits avaient déjà retenu l’attention. Très plastiques, ses pages assument un choix radical ou le noir et le blanc sont matière, tandis que ses histoires - pourtant toutes différentes - gravitent autours d’une même obsession : le conflit entre l’humain et une nature immense et souvent contrariée.

Cumulonimbus n’échappe pas à la règle, les architectures délirantes et les scènes de pluie sont de toutes beauté et on y voit un météorologue lutter contre un orage fixé sur une ville et qui pousse les gens à rire en permanence. Les autres humains tentent de le convaincre qu’après tout, une condamnation à être heureux et à se sentir bien, ce n’est pas si mal, mais le scientifique continue de lutter contre les éléments, persuadé que la défense du libre-arbitre prime sur tout.

Un opuscule, et des travaux en général, au croisement du trait de Jean-Pierre Dufour et la pensée d’Élisée Reclus. (MR)

9 notes

Flakes, de Baptiste VirotA5, 52 pages, autoéditions, octobre 2005.
Baptiste Virot s’appelle désormais Bapton, ses planches sont propres et son trait clair. La folie douce qui le caractérise est toujours là, mais happée entre temps par un mélange de ligne-claire et du Willem de Rat’s Hamburger. En 2005 il était encore au lycée et noircissait des carnets, qu’il balançait in-extenso sur son blog.
Un jour, il lui pris l’envie de faire la même chose sur papier et ce fut Flakes, 50 exemplaires et trois copieux numéros mêlant récits directement autobios, comptes rendus un peu foutraques, croquis, portraits et ébauches de récits.
C’est la suissesse Rox qui m’avait fait découvrir Virot, il faut dire qu’il y avait entre les deux une parenté évidente. Un dessin proche (même si celui de Rox était moins brouillon), le même humour, un goût de l’alternance entre stricte autobio et histoire gentiment surréalistes, les mêmes influences revendiquées…
Flakes est à cette image, compilant les carnets de l’été 2005, photocopié ) l’arrache et parfois mal scanné, il témoigne d’un instant T dans le parcours d’un dessinateur, les deux mois passés entre le dessin et la publication évitant tout recul approfondi. L’évènement marquant de cet été reste le décès de sa grand-mère, qu’il raconte avec une belle pudeur, rompant avec le côté effréné du reste, un recueillement juste et touchant. On notera aussi une amusante description d’un gros lourd drogué de soirée et une infection de la main proprement monstrueuse.
Le meilleur moment de Flakes n°1 reste “Béton brûlant” récit elliptique commençant encore dans un grand n’importe quoi mais à la page conclusive proprement magnifique. (MR)
PS : On m’indique que désormais Baptiste Virot ressigne de son vrai nom, et a abandonné le pseudo Bapton, ce qui détruit mon introduction.

Flakes, de Baptiste Virot
A5, 52 pages, autoéditions, octobre 2005.

Baptiste Virot s’appelle désormais Bapton, ses planches sont propres et son trait clair. La folie douce qui le caractérise est toujours là, mais happée entre temps par un mélange de ligne-claire et du Willem de Rat’s Hamburger. En 2005 il était encore au lycée et noircissait des carnets, qu’il balançait in-extenso sur son blog.

Un jour, il lui pris l’envie de faire la même chose sur papier et ce fut Flakes, 50 exemplaires et trois copieux numéros mêlant récits directement autobios, comptes rendus un peu foutraques, croquis, portraits et ébauches de récits.

C’est la suissesse Rox qui m’avait fait découvrir Virot, il faut dire qu’il y avait entre les deux une parenté évidente. Un dessin proche (même si celui de Rox était moins brouillon), le même humour, un goût de l’alternance entre stricte autobio et histoire gentiment surréalistes, les mêmes influences revendiquées…

Flakes est à cette image, compilant les carnets de l’été 2005, photocopié ) l’arrache et parfois mal scanné, il témoigne d’un instant T dans le parcours d’un dessinateur, les deux mois passés entre le dessin et la publication évitant tout recul approfondi. L’évènement marquant de cet été reste le décès de sa grand-mère, qu’il raconte avec une belle pudeur, rompant avec le côté effréné du reste, un recueillement juste et touchant. On notera aussi une amusante description d’un gros lourd drogué de soirée et une infection de la main proprement monstrueuse.

Le meilleur moment de Flakes n°1 reste “Béton brûlant” récit elliptique commençant encore dans un grand n’importe quoi mais à la page conclusive proprement magnifique. (MR)


PS : On m’indique que désormais Baptiste Virot ressigne de son vrai nom, et a abandonné le pseudo Bapton, ce qui détruit mon introduction.

2 notes