Prolapsus1. Editions prolapsus. 2008. 12 pages. 12*12cm. Offset.
Prolapsus#1 est un tout petit fanzine dont la couverture a été imprimée en couleurs et l’intérieur en noir et blanc. Il regroupe des dessins de OMICK, SPEI, WEIRDO, BOUZE, REHSAD, AK, NWO, 1984, 2012, 0SP et DKR, des garçons sans foi ni loi qui sans cesse arpentent les villes et en recouvrent les murs de couleurs.
L’édito de ce recueil de dessins donne d’emblée une note implacable :
« Plusieurs d’entre nous sont morts plusieurs fois au pied du mur. Attendre que les os et la chaire se recomposent. Eviter la pourriture. Repartir. Notre croissance sporadique s’est passée de toute nourriture commerciale bienfaisante. A la longue, nos membres ont eu la faculté de s’étendre, nos dents de mordre le béton… Nous vous laissons le soin de décrire ce que vous voyez car, comme nos corps, nos paroles ne se sont pas construites socialement. Nous ne comprenons pas les êtres qui savent ce qu’ils disent et n’ont pas de raison d’en douter. Nous savons juste écrire. »
Les dessins sont aussi féroces que les mots. Ils sont incroyablement minutieux et éclatent dans tous les sens. On se perd dans chacun. Tous racontent d’innombrables d’histoires sur quelques centimètres carrés. Ils décrivent d’incroyables mondes peuplés de personnages totalement dégénérés, d’explosions, de coulures,  de pluies de poissons, de cités grouillantes, de punks, de robots, de tunnels, de maisons monstres et de tonnes d’autres dévergondages.
Le résultat hurle, les yeux transpirent.
Ce livre est un ovni réalisé par des passagers clandestins de la terre suffisamment puissants pour n’obéir qu’à leurs propres lois et qui jamais ne trichent.
Admirable.
ML

Prolapsus1. Editions prolapsus. 2008. 12 pages. 12*12cm. Offset.

Prolapsus#1 est un tout petit fanzine dont la couverture a été imprimée en couleurs et l’intérieur en noir et blanc. Il regroupe des dessins de OMICK, SPEI, WEIRDO, BOUZE, REHSAD, AK, NWO, 1984, 2012, 0SP et DKR, des garçons sans foi ni loi qui sans cesse arpentent les villes et en recouvrent les murs de couleurs.

L’édito de ce recueil de dessins donne d’emblée une note implacable :

« Plusieurs d’entre nous sont morts plusieurs fois au pied du mur. Attendre que les os et la chaire se recomposent. Eviter la pourriture. Repartir. Notre croissance sporadique s’est passée de toute nourriture commerciale bienfaisante. A la longue, nos membres ont eu la faculté de s’étendre, nos dents de mordre le béton… Nous vous laissons le soin de décrire ce que vous voyez car, comme nos corps, nos paroles ne se sont pas construites socialement. Nous ne comprenons pas les êtres qui savent ce qu’ils disent et n’ont pas de raison d’en douter. Nous savons juste écrire. »

Les dessins sont aussi féroces que les mots. Ils sont incroyablement minutieux et éclatent dans tous les sens. On se perd dans chacun. Tous racontent d’innombrables d’histoires sur quelques centimètres carrés. Ils décrivent d’incroyables mondes peuplés de personnages totalement dégénérés, d’explosions, de coulures,  de pluies de poissons, de cités grouillantes, de punks, de robots, de tunnels, de maisons monstres et de tonnes d’autres dévergondages.

Le résultat hurle, les yeux transpirent.

Ce livre est un ovni réalisé par des passagers clandestins de la terre suffisamment puissants pour n’obéir qu’à leurs propres lois et qui jamais ne trichent.

Admirable.

ML

Hegbert Plum, de LP7,4cm x 10,5 cm, 12 pages, 
Membre du collectif toulousain Rollmops, LP se laisse parfois aller à de petites divagations solitaires. Hegbert Plum, adipeux héros, entre dans cette catégorie. Fanzine à l’achat ludique  - il faut lancer un dé pour définir le prix de vente -, son coup est automatiquement plus ou moins modeste, quoique n’excédant jamais trois euros. Votre serviteur a confirmé son absolu manque de chance au dé.
Modeste dans le format, léger dans le ton, on croise pourtant l’amour d’un père, un rubik’s cube, la richesse et la quête de lointain dans ces quelques pages réussissant à faire rire par son impeccable débilité. (MR)

Hegbert Plum, de LP
7,4cm x 10,5 cm, 12 pages,

Membre du collectif toulousain Rollmops, LP se laisse parfois aller à de petites divagations solitaires. Hegbert Plum, adipeux héros, entre dans cette catégorie. Fanzine à l’achat ludique  - il faut lancer un dé pour définir le prix de vente -, son coup est automatiquement plus ou moins modeste, quoique n’excédant jamais trois euros. Votre serviteur a confirmé son absolu manque de chance au dé.

Modeste dans le format, léger dans le ton, on croise pourtant l’amour d’un père, un rubik’s cube, la richesse et la quête de lointain dans ces quelques pages réussissant à faire rire par son impeccable débilité. (MR)

2 notes

Vingt-cinq dessins sado-maso, par Olivier TexierFormat encore moins qu’A6, 36 pages, auto-édition, 2001.
Dans les environ de Nantes, un dessinateur solitaire a enquillé durant des années un nombre difficilement calculable de fanzines à tirages très limités (25 exemplaires pour celui-ci). Avec un goût prononcé pour l’absurde-trash et un dessin réussissant l’exploit d’être rigide et vivant, Olivier Texier fait souvent naître la gêne.
Malgré son titre ce fanzine est plutôt mignon dans son ensemble : les dessins montrent certes des tortures, mais des tortures câlines. L’absence d’hémoglobine et le naturel absolu avec lesquels ces scènes sont détaillées pose le tout dans une sorte de temps intime suspendu sur lequel on passe sans déplaisir mais sans trop s’y attarder.
Ce livre se tient, mais c’est dans l’œuvre globale de Texier qu’il s’apprécie le plus. L’auteur est en effet coutumier des “ouvrages-listes” (50 proverbes crétins, 25 véritables slogans publicitaires illustrés différemment ou le fameux 69 dessins sales…) qui sont des témoins révélateur du personnage,  de sa capacité assez incroyable à dessiner les choses les plus incongrues sans perdre son sérieux et de sa production délirante.
Car Texier dessine sans cesse, toujours, et publie ensuite. De manière assez impérative - comme en témoigne cette bibliographie non-exhaustive - il ne dissocie pas le dessin du livre. L’un comme l’autre font pleinement partie d’un acte créatif dont la vigueur ne semble pas près de s’éteindre.
Ainsi Olivier Texier créé, et les livres jalonnent sa route. (MR)

Vingt-cinq dessins sado-maso, par Olivier Texier
Format encore moins qu’A6, 36 pages, auto-édition, 2001.

Dans les environ de Nantes, un dessinateur solitaire a enquillé durant des années un nombre difficilement calculable de fanzines à tirages très limités (25 exemplaires pour celui-ci). Avec un goût prononcé pour l’absurde-trash et un dessin réussissant l’exploit d’être rigide et vivant, Olivier Texier fait souvent naître la gêne.

Malgré son titre ce fanzine est plutôt mignon dans son ensemble : les dessins montrent certes des tortures, mais des tortures câlines. L’absence d’hémoglobine et le naturel absolu avec lesquels ces scènes sont détaillées pose le tout dans une sorte de temps intime suspendu sur lequel on passe sans déplaisir mais sans trop s’y attarder.

Ce livre se tient, mais c’est dans l’œuvre globale de Texier qu’il s’apprécie le plus. L’auteur est en effet coutumier des “ouvrages-listes” (50 proverbes crétins, 25 véritables slogans publicitaires illustrés différemment ou le fameux 69 dessins sales…) qui sont des témoins révélateur du personnage,  de sa capacité assez incroyable à dessiner les choses les plus incongrues sans perdre son sérieux et de sa production délirante.

Car Texier dessine sans cesse, toujours, et publie ensuite. De manière assez impérative - comme en témoigne cette bibliographie non-exhaustive - il ne dissocie pas le dessin du livre. L’un comme l’autre font pleinement partie d’un acte créatif dont la vigueur ne semble pas près de s’éteindre.

Ainsi Olivier Texier créé, et les livres jalonnent sa route. (MR)


Le fantôme des autres.
Editions Drozophile. 2011. 10 pages. 29,7*18cm. Sérigraphie.

Le fantôme des autres est un livre dessiné par Blanquet. Ce magnifique ouvrage entièrement sérigraphie par Christian, le génial Monsieur Drozophile représente 18 scènes dans lesquelles des êtres rencontrent des fantômes de manière plus ou moins saugrenue. Ce sont parfois des scènes de mort en directe, parfois des scènes de rencontre entre des morts et des vivants. Par exemple, la flèche d’un enfant qui joue avec ses petites camarades aux cow-boys et aux indiens ne part pas dans la direction escomptée par l’enfant, une femme s’échappe d’une maison en feu, une grosse dame écrase un homme qui est en train de lui faire un cunnilingus, un lanceur de couteaux masqué manque son tir… et des fantômes apparaissent…

Chaque fantôme est imprimé avec de l’encre phosphorescente. Ce livre peut donc être vu en pleine lumière comme dans le noir (après qu’il se soit pris une décharge violente de lumière). Le mieux, je pense, est d’alterner les deux : le lire dans le noir avec une lampe torche allumée, puis éteinte, puis allumée, et caetera.

Ce livre a été édité une première fois il y a quelque chose comme 10 ans par Drozophile, éditeur basé à Genève sévissant depuis de nombreuses années. Les exemplaires sont partis comme des petits pains, je l’ai voulu, ai trop attendu, ne l’ai pas eu. En novembre 2011, j’ai été ravie de croiser Mr Drozophile dans un salon de la petite édition, je lui ai parlé de ce livre et de combien je regrettais ne pas l’avoir acquis lorsqu’il était encore temps. Mr Drozophile a souri, plongé la tête dans un carton placé sous son stand et en a sorti un exemplaire du fantôme des autres. Réédité quelques mois avant notre rencontre, ce livre est de nouveau dans les bacs (sous les bacs lorsqu’il s’agit d’un salon un peu trop jeune illustration…).  Il a été réédité à 900 exemplaires (je vous laisse imaginer le travail de sérigraphie, même lorsque l’on possède de belles machines semi-automatiques) afin, cette fois ci, de satisfaire toutes les personnes qui, après l’avoir vu, auraient un temps de réaction un peu lent avant d’être certaines de se l’accaparer.

ML

Le fantôme des autres.

Editions Drozophile. 2011. 10 pages. 29,7*18cm. Sérigraphie.

Le fantôme des autres est un livre dessiné par Blanquet. Ce magnifique ouvrage entièrement sérigraphie par Christian, le génial Monsieur Drozophile représente 18 scènes dans lesquelles des êtres rencontrent des fantômes de manière plus ou moins saugrenue. Ce sont parfois des scènes de mort en directe, parfois des scènes de rencontre entre des morts et des vivants. Par exemple, la flèche d’un enfant qui joue avec ses petites camarades aux cow-boys et aux indiens ne part pas dans la direction escomptée par l’enfant, une femme s’échappe d’une maison en feu, une grosse dame écrase un homme qui est en train de lui faire un cunnilingus, un lanceur de couteaux masqué manque son tir… et des fantômes apparaissent…


Chaque fantôme est imprimé avec de l’encre phosphorescente. Ce livre peut donc être vu en pleine lumière comme dans le noir (après qu’il se soit pris une décharge violente de lumière). Le mieux, je pense, est d’alterner les deux : le lire dans le noir avec une lampe torche allumée, puis éteinte, puis allumée, et caetera.


Ce livre a été édité une première fois il y a quelque chose comme 10 ans par Drozophile, éditeur basé à Genève sévissant depuis de nombreuses années. Les exemplaires sont partis comme des petits pains, je l’ai voulu, ai trop attendu, ne l’ai pas eu. En novembre 2011, j’ai été ravie de croiser Mr Drozophile dans un salon de la petite édition, je lui ai parlé de ce livre et de combien je regrettais ne pas l’avoir acquis lorsqu’il était encore temps. Mr Drozophile a souri, plongé la tête dans un carton placé sous son stand et en a sorti un exemplaire du fantôme des autres. Réédité quelques mois avant notre rencontre, ce livre est de nouveau dans les bacs (sous les bacs lorsqu’il s’agit d’un salon un peu trop jeune illustration…).  Il a été réédité à 900 exemplaires (je vous laisse imaginer le travail de sérigraphie, même lorsque l’on possède de belles machines semi-automatiques) afin, cette fois ci, de satisfaire toutes les personnes qui, après l’avoir vu, auraient un temps de réaction un peu lent avant d’être certaines de se l’accaparer.


ML



LABOMOBILE SERIGRAFIC TOUR 2010.

Editions de la fanzinothèque de Poitiers. 21*14,85cm. 30 pages. Impression numérique, couverture sérigraphie sur calque.


Ce petit fanzine relate l’aventure de Diana et Xof (volontaires de la fanzinothèque de Poitiers) qui sont partis sur les routes de France, avec un gros camion, deux valises pleines de fanzines, des cartons à dessins remplis d’affiches, de l’encre, des machines pour faire les badges, et un esprit total punk et D.I.Y . Cela s’est passé durant les mois de juin et juillet 2010.


L’idée fut de se retrouver autour de LA CHOSE IMPRIMEE que ce soit en sérigraphie, en gravure, au moyen de pochoirs ou de quelque autre méthode d’impression, d’échanger, de complote, de faire découvrir ces pratiques et leurs déviances. Partir à la rencontre de sérigraphes et fanzineux habitant les quatre coins de la France, dessiner produire avec eux, puis exposer dans chaque nouvelle ville les productions réalisées dans les précédentes.


Ainsi, l’équipe du labomobile est passée à Paris (atelier arrache toi un œil puis librairie le monte en l’air), à Chelles (SMAC la cuizine), à Nancy (atelier percolation), à Lyon (atelier black screen puis cinéma temporaire dodeskaden), à Marseille (l’embobineuse), à Montpellier (atelier en traits libres), à Marcilla Vallon (festival ouverture des clôtures), dans le Creuse (asso émile a une vache) et à Vilcreux (festival le mort fest), ceci en trois semaines, oui, oui !


Ce fanzine est une sorte de journal de bord, dans lequel sont relatées les aventures, les rencontres, les impressions des deux comparses, ainsi que quelques interviews de personnes rencontrés au cours de l’aventure, ainsi qu’un petit questionnaire posé  à d’autres personnes. Des photos agrémentent les textes. La mise en page est simple, punk, brute, totalement, comme il était prévu, dans un esprit DIY.


Notez qu’un autre fanzine, très beau et entièrement sérigraphié, né de cette tournée, est sorti peu après le retour des loulous à Poitiers. Il se nomme salmigondi et regroupe des dessins réalisés par des êtres que le labomobile a croisé à travers monts et vaux.


ML

Ping Pong #1,150x200 mm, 48 pages, 2007, Editions Charrette/Les Enfants Rouges.Pas vraiment un fanzine, mais les auteurs au sommaire (et la gratuité) font de cette petite publication une référence qu’il fallait citer dans 1FPJ : en 2007, les deux structures éditoriales s’associent pour lancer cette revue de récits courts.Gratuit et diffusé par Le Comptoir des Indépendants (à 5000 exemplaires !), il s’agissait là d’une expérience fort louable, qui permettait aux libraires de faire découvrir des planches inédites d’auteurs comme Alfred, Hervé Bourhis, François Duprat, Tanxxx, ou Thomas Gosselin, entre autres.Deux numéros ont suivi, puis Ping Pong s’en est malheureusement allé.JJM

Ping Pong #1,
150x200 mm, 48 pages, 2007, Editions Charrette/Les Enfants Rouges.

Pas vraiment un fanzine, mais les auteurs au sommaire (et la gratuité) font de cette petite publication une référence qu’il fallait citer dans 1FPJ : en 2007, les deux structures éditoriales s’associent pour lancer cette revue de récits courts.

Gratuit et diffusé par Le Comptoir des Indépendants (à 5000 exemplaires !), il s’agissait là d’une expérience fort louable, qui permettait aux libraires de faire découvrir des planches inédites d’auteurs comme Alfred, Hervé Bourhis, François Duprat, Tanxxx, ou Thomas Gosselin, entre autres.
Deux numéros ont suivi, puis Ping Pong s’en est malheureusement allé.

JJM

3 notes

We all go down #12,139x194 mm, 12 pages, 2011, Habeas Corpus.Le principe intriguant dans la série fanzines “We all go down”, c’est le fait de laisser au lecteur le soin de découvrir son auteur, qui change à chaque numéro (encore que ?) sans jamais que l’on connaisse son identité. Evidemment, on peut jouer à trouver des repères, des filiations, à reconnaître le trait ou à observer comment tel auteur peut essayer de brouiller les pistes. Ce sont Jérôme Puigros-Puigener, Alain Munoz et Pascal Matthey qui sont à l’origine de cette emballante petite structure qu’est Habeas Corpus, démarrée il y a plus d’une dizaine d’années, notamment via les fanzines du premier. Abordant le support et la forme comme un terrain de jeu potentiel aussi grand que le fond lui-même, les diverses productions de ces trois là montrent un vrai intérêt à tenter des choses, et à agrandir le champ des possibles en termes de petite édition.Pourquoi ce 12ème numéro et pas un autre ? Pare qu’il faut bien choisir, et probablement aussi parce que son traitement graphique laisse planer le doute sur son auteur, comme à l’accoutumée, mais évoque autant certains ricains amateurs de pointe fine que de spécialistes du petit trait plus proches de nous : on pourrait y imaginer Nylso ou Bert, tout comme une ribambelle d’autres artistes que l’on imagine assez bien remplir des pages et des pages, dans une forme d’oubli, creusant une vraie-fausse abstraction, avec patience, minutie, et enthousiasme.JJM

We all go down #12,
139x194 mm, 12 pages, 2011, Habeas Corpus.

Le principe intriguant dans la série fanzines “We all go down”, c’est le fait de laisser au lecteur le soin de découvrir son auteur, qui change à chaque numéro (encore que ?) sans jamais que l’on connaisse son identité. Evidemment, on peut jouer à trouver des repères, des filiations, à reconnaître le trait ou à observer comment tel auteur peut essayer de brouiller les pistes.

Ce sont Jérôme Puigros-Puigener, Alain Munoz et Pascal Matthey qui sont à l’origine de cette emballante petite structure qu’est Habeas Corpus, démarrée il y a plus d’une dizaine d’années, notamment via les fanzines du premier. Abordant le support et la forme comme un terrain de jeu potentiel aussi grand que le fond lui-même, les diverses productions de ces trois là montrent un vrai intérêt à tenter des choses, et à agrandir le champ des possibles en termes de petite édition.

Pourquoi ce 12ème numéro et pas un autre ? Pare qu’il faut bien choisir, et probablement aussi parce que son traitement graphique laisse planer le doute sur son auteur, comme à l’accoutumée, mais évoque autant certains ricains amateurs de pointe fine que de spécialistes du petit trait plus proches de nous : on pourrait y imaginer Nylso ou Bert, tout comme une ribambelle d’autres artistes que l’on imagine assez bien remplir des pages et des pages, dans une forme d’oubli, creusant une vraie-fausse abstraction, avec patience, minutie, et enthousiasme.

JJM

5 notes

Querencias, première partie : “La nuit travailleuse” & deuxième partie : “Idiote clartée”, anonyme, 2X32 pages, A5 n&b, à peu près vers 2009.
“Les criminels ont essayé de faire disparaître les traces de leur crime.
Mais les indices abondent.”

En général, tout le monde veut son nom, là, en gros, sur la couverture de son livre. Dès fois, ça dérape et ça s’inscrit en plus gros que le titre, en lettres dorées. Ne soyons pas dupes, on en est tous un peu là. Il y a quelqu’un derrière ce diptyque poétique illustré. C’est pourtant quelqu’un qui s’est effacé derrière son message.
D’ailleurs, ille (je reprend sa graphie) dirait que non, ce n’est pas de la poésie, pas de l’art non plus. Sur une sorte de tract politique - mais ille dirait que ce n’en est pas un - ille écrit : “il existe les foyers d’une internationale souterraine, réunis sur la notion de la fin ou de l’absence de l’art, & qui ne vise plus explicitement une production artistique quelconque.” ou encore : “l’idée d’éternité est la plus grossière qu’un-e humain-e puisse concevoir à propos de ses actes.”
Le diptyque Querencias (terme qui signifie, si je me rappelle bien, ce lieu où les animaux reviennent par instinct) a ce quelque chose de fascinant, qui rappelle le tract de propagande, légèrement situationniste, une langue envoûtante, qui fait croire à de la poésie, mais qui n’est ni l’un ni l’autre. Il y a quelque chose de lumineux, de réconfortant et triste à la fois. Comme une lutte perdue d’avance, mélancolique et coléreuse, puis douce et chaude. Quelque chose de cryptique et des illustrations formidables (que les couvertures des livrets s’évertuent à ne pas nous montrer) qui sont presque des vitraux d’une religion intime et sans dieu, mais extrêmement connecté à quelque chose de vrai.
En ces temps curieux, un peu confus, et qui même si ça s’arrange, laissent un goût amer, on méditera ces paroles, qui closent le second livret :
“Rien n’est vrai, tout est réel. / Nous apparaissons comme les époques & disparaissons avec elles. / Nous ne fonderons pas de ville, nous n’aurons pas de paix définitive, mais partout l’affection des promontoires. / & il n’y a personne pour regretter ce que nous sommes.”
CP

Querencias, première partie : “La nuit travailleuse” & deuxième partie : “Idiote clartée”, anonyme, 2X32 pages, A5 n&b, à peu près vers 2009.

“Les criminels ont essayé de faire disparaître les traces de leur crime.

Mais les indices abondent.”

En général, tout le monde veut son nom, là, en gros, sur la couverture de son livre. Dès fois, ça dérape et ça s’inscrit en plus gros que le titre, en lettres dorées. Ne soyons pas dupes, on en est tous un peu là. Il y a quelqu’un derrière ce diptyque poétique illustré. C’est pourtant quelqu’un qui s’est effacé derrière son message.

D’ailleurs, ille (je reprend sa graphie) dirait que non, ce n’est pas de la poésie, pas de l’art non plus. Sur une sorte de tract politique - mais ille dirait que ce n’en est pas un - ille écrit : “il existe les foyers d’une internationale souterraine, réunis sur la notion de la fin ou de l’absence de l’art, & qui ne vise plus explicitement une production artistique quelconque.” ou encore : “l’idée d’éternité est la plus grossière qu’un-e humain-e puisse concevoir à propos de ses actes.”

Le diptyque Querencias (terme qui signifie, si je me rappelle bien, ce lieu où les animaux reviennent par instinct) a ce quelque chose de fascinant, qui rappelle le tract de propagande, légèrement situationniste, une langue envoûtante, qui fait croire à de la poésie, mais qui n’est ni l’un ni l’autre. Il y a quelque chose de lumineux, de réconfortant et triste à la fois. Comme une lutte perdue d’avance, mélancolique et coléreuse, puis douce et chaude. Quelque chose de cryptique et des illustrations formidables (que les couvertures des livrets s’évertuent à ne pas nous montrer) qui sont presque des vitraux d’une religion intime et sans dieu, mais extrêmement connecté à quelque chose de vrai.

En ces temps curieux, un peu confus, et qui même si ça s’arrange, laissent un goût amer, on méditera ces paroles, qui closent le second livret :

“Rien n’est vrai, tout est réel. / Nous apparaissons comme les époques & disparaissons avec elles. / Nous ne fonderons pas de ville, nous n’aurons pas de paix définitive, mais partout l’affection des promontoires. / & il n’y a personne pour regretter ce que nous sommes.”

CP

4 notes

Demi-sommeil, Jimmy Beaulieu
Format 16,5 x 13,5 - 100 pages couleur - éditions Colosse - 2008
      Jimmy Beaulieu, qu’on ne présente plus, a publié plein de petits livres chez Colosse, micro-éditeur canadien dirigé par lui-même et Vincent Giard. Ses livres sont de petites perles aux reflets chatoyants, mélangeant érotisme espiègle, croquis malins, érotisme malicieux, extraits de pensée, érotisme gracieux, bouts d’histoires improbables, érotisme minutieux, narrations elliptiques, érotisme chic, dessins d’humour, dessins délurés, commentaires méta-textuels teintés d’auto-dérision. Le tout est très décontracté, je veux dire qu’on a l’impression qu’il fait ça comme ça, comme une sorte de carnet de croquis mental au quotidien, un journal intime de la vie rêvée avec arrêts sur image, retours en arrière et bouts de phrases échappées de l’inconscient ou de situations réelles. On picore là dedans comme dans une apéritif dînatoire du 9e Art, on se sert et c’est un toast que l’on porte, qui ouvre la faim et procure la douce ivresse du bédéiste ou bédéaste devant le blanc souci de sa planche de salut. Comprenne qui voudra, ô mes divers amis, salut et rendez-vous chez Jimmy.
(BB)

Demi-sommeil, Jimmy Beaulieu

Format 16,5 x 13,5 - 100 pages couleur - éditions Colosse - 2008

      Jimmy Beaulieu, qu’on ne présente plus, a publié plein de petits livres chez Colosse, micro-éditeur canadien dirigé par lui-même et Vincent Giard. Ses livres sont de petites perles aux reflets chatoyants, mélangeant érotisme espiègle, croquis malins, érotisme malicieux, extraits de pensée, érotisme gracieux, bouts d’histoires improbables, érotisme minutieux, narrations elliptiques, érotisme chic, dessins d’humour, dessins délurés, commentaires méta-textuels teintés d’auto-dérision. Le tout est très décontracté, je veux dire qu’on a l’impression qu’il fait ça comme ça, comme une sorte de carnet de croquis mental au quotidien, un journal intime de la vie rêvée avec arrêts sur image, retours en arrière et bouts de phrases échappées de l’inconscient ou de situations réelles. On picore là dedans comme dans une apéritif dînatoire du 9e Art, on se sert et c’est un toast que l’on porte, qui ouvre la faim et procure la douce ivresse du bédéiste ou bédéaste devant le blanc souci de sa planche de salut. Comprenne qui voudra, ô mes divers amis, salut et rendez-vous chez Jimmy.

(BB)

2 notes

PETIT MONDE CARAVANE n°29, Rodolphe Cobetto-CaravanesFormat A6, 36 pages, février 1999, auto-édition.
Rodolphe Cobetto-Caravanes semble être un cinéaste relativement côté aujourd’hui, quand j’ai acheté ce petit fanzine il y a quelques années je l’ignorais totalement. j’étais simplement séduit par ce fanzine comme on en fait plus, aux pages à séparer soi-même comme on bon vieux temps.
Sur une trentaine de page, l’auteur donne son opinion sur tout ce qui lui passe sous la main. Ce numéro est particulièrement dédié à un festival de cinéma dont il commente chaque séances avec un humour réjouissant. Amateur de cinéma expérimental il n’hésite cependant pas à en dénoncer la vacuité éventuelle, spectateur exigeant, il n’agresse ni ne loue personne.
L’écriture manuelle entourant diverses notules extraites du programme donne un cachet particulier à l’ensemble, le climat est intime, et on entre pleinement dans ce cerveau en ébullition apparente. A noter : une petite bande dessinée est présente entre deux critiques. Elle n’est pas d’une clarté évidente mais montre une bonne maitrise des codes.
J’ignore combien de temps Petit monde Caravane à tenu, mais ce n°29 indique déjà une belle vigueur pour un mensuel autoédité de cette consistance. Sa relecture me confirme qu’il est plus que temps que je me procure les autres. (MR)

PETIT MONDE CARAVANE n°29, Rodolphe Cobetto-Caravanes
Format A6, 36 pages, février 1999, auto-édition.

Rodolphe Cobetto-Caravanes semble être un cinéaste relativement côté aujourd’hui, quand j’ai acheté ce petit fanzine il y a quelques années je l’ignorais totalement. j’étais simplement séduit par ce fanzine comme on en fait plus, aux pages à séparer soi-même comme on bon vieux temps.

Sur une trentaine de page, l’auteur donne son opinion sur tout ce qui lui passe sous la main. Ce numéro est particulièrement dédié à un festival de cinéma dont il commente chaque séances avec un humour réjouissant. Amateur de cinéma expérimental il n’hésite cependant pas à en dénoncer la vacuité éventuelle, spectateur exigeant, il n’agresse ni ne loue personne.

L’écriture manuelle entourant diverses notules extraites du programme donne un cachet particulier à l’ensemble, le climat est intime, et on entre pleinement dans ce cerveau en ébullition apparente. A noter : une petite bande dessinée est présente entre deux critiques. Elle n’est pas d’une clarté évidente mais montre une bonne maitrise des codes.

J’ignore combien de temps Petit monde Caravane à tenu, mais ce n°29 indique déjà une belle vigueur pour un mensuel autoédité de cette consistance. Sa relecture me confirme qu’il est plus que temps que je me procure les autres. (MR)

5 notes

Too drunk to do the show, de Nine Antico,180x180 mm, 56 pages, 2009, In My Bed #002.Davantage un joli petit livre qu’un modeste fanzine, cette petite collection de dessins provient néanmoins principalement du fanzine de Nine Antico, “Rock this way”, dont le titre annonçait déjà la couleur : loin de n’être qu’un sujet parmi d’autres, la musique, les concerts, tout cela est souvent au cœur du boulot de Nine Antico, que cela soit en toile de fond ou comme ici, en gros plan bien zoomé comme il faut.Entre 2004 et 2007, Nine Antico aura donc assisté à des tonnes de chouettes concerts qu’elle aura tenté de restituer (avec force détail ou dans l’urgence de l’instant) : Shellac, Yo La Tengo, Sonic Youth, Swell ou Jeffrey Lewis, entre autres, sont présents avec une vingtaine d’autres dans ce petit catalogue qui récapitule à lui tout seul tout ce qu’on aurait pu avoir envie d’aller voir en concert ces dernières années.JJM

Too drunk to do the show, de Nine Antico,
180x180 mm, 56 pages, 2009, In My Bed #002.

Davantage un joli petit livre qu’un modeste fanzine, cette petite collection de dessins provient néanmoins principalement du fanzine de Nine Antico, “Rock this way”, dont le titre annonçait déjà la couleur : loin de n’être qu’un sujet parmi d’autres, la musique, les concerts, tout cela est souvent au cœur du boulot de Nine Antico, que cela soit en toile de fond ou comme ici, en gros plan bien zoomé comme il faut.

Entre 2004 et 2007, Nine Antico aura donc assisté à des tonnes de chouettes concerts qu’elle aura tenté de restituer (avec force détail ou dans l’urgence de l’instant) : Shellac, Yo La Tengo, Sonic Youth, Swell ou Jeffrey Lewis, entre autres, sont présents avec une vingtaine d’autres dans ce petit catalogue qui récapitule à lui tout seul tout ce qu’on aurait pu avoir envie d’aller voir en concert ces dernières années.

JJM

2 notes

Satellite, collectif
Format 17 x 22 cms - 76 pages - noir et blanc - tiré à 500 exemplaires - édité par 6 pieds sous terre - janvier 1994
      “16 auteurs jouent avec les codes de la bande dessinée. Pas de fumant discours sur une quelconque maturité du genre, sur la nécessité égotique de croire que l’on est sujet au vertige ; juste le plaisir de proposer des variations, sur un art qui nous a transporté quand on était enfant et à qui on ne demandait rien d’autre que la justesse des rêves. Satellite 1994 est le premier volume de cette série qui proposera, chaque année, le regard pointilleux d’une vingtaine de jeunes auteurs bédéphiliques pratiquants”.
Je me souviens avoir chroniqué cette revue dans le Phacochère avec beaucoup d’enthousiasme, filant la métaphore à partir du titre, à coup de “révolutions” narratives et autres “mise en apesanteur” créatives. Le discours de présentation, imprimé à part sur des flyers tenant lieu de SP, y était pour quelque chose : j’y lisais une ambition faisant écho aux expérimentations oubapiennes de l’Association, nuancée par la dérision et l’esprit potache propre à la revue Jade ou à certaines productions des éditions 6 pieds sous terre. A la relecture, c’est exactement ça, sauf qu’il apparaît nettement que les recherches “sur les codes de la bande dessinée” (détournements, collages, planches à multi-lectures, itérations iconiques ) sont tout simplement au service de la dérision et de l’esprit potache, voire de la franche déconnade. Parfois, on se demande si la dérision ne se retourne pas contre les procédés utilisés, comme ce “self non sens comics” de Thomas, où les différentes lectures potentielles des lignes ou colonnes d’une planche sont commentées et moquées sur la page en vis à vis. 
(BB)

Satellite, collectif

Format 17 x 22 cms - 76 pages - noir et blanc - tiré à 500 exemplaires - édité par 6 pieds sous terre - janvier 1994

      “16 auteurs jouent avec les codes de la bande dessinée. Pas de fumant discours sur une quelconque maturité du genre, sur la nécessité égotique de croire que l’on est sujet au vertige ; juste le plaisir de proposer des variations, sur un art qui nous a transporté quand on était enfant et à qui on ne demandait rien d’autre que la justesse des rêves. Satellite 1994 est le premier volume de cette série qui proposera, chaque année, le regard pointilleux d’une vingtaine de jeunes auteurs bédéphiliques pratiquants”.

Je me souviens avoir chroniqué cette revue dans le Phacochère avec beaucoup d’enthousiasme, filant la métaphore à partir du titre, à coup de “révolutions” narratives et autres “mise en apesanteur” créatives. Le discours de présentation, imprimé à part sur des flyers tenant lieu de SP, y était pour quelque chose : j’y lisais une ambition faisant écho aux expérimentations oubapiennes de l’Association, nuancée par la dérision et l’esprit potache propre à la revue Jade ou à certaines productions des éditions 6 pieds sous terre. A la relecture, c’est exactement ça, sauf qu’il apparaît nettement que les recherches “sur les codes de la bande dessinée” (détournements, collages, planches à multi-lectures, itérations iconiques ) sont tout simplement au service de la dérision et de l’esprit potache, voire de la franche déconnade. Parfois, on se demande si la dérision ne se retourne pas contre les procédés utilisés, comme ce “self non sens comics” de Thomas, où les différentes lectures potentielles des lignes ou colonnes d’une planche sont commentées et moquées sur la page en vis à vis. 

(BB)

3 notes

CAP.

éditions cotoreich. 2011. 100 pages. 21*14,85cm. sérigraphie, risographie, ronéo.

CAP (Crew Against People) vient de Prague, capitale de la République tchèque. C’est une bande de graffeurs dont on nomme le style « Crack ». le Crack est constitué par des points, des coulures, des traits maladroits, un remplissage superflu. C’est un peu la branche terroriste du graffiti.

Le tagger de base se dit : « je vais faire “à la manière de” pour être accepté dans le milieu ».

Le crack artist se dit : « je n’aime pas les règles, je fais ce que je veux, je me fiche de l’avis des autres ».

Les passants disent souvent : « c’est laid, ça ne ressemble à rien ».

Le graff des CAP est franc et honnête. Ces jeunes étudiants blancs d’Europe de l’est, très loins des hip-hopers new-yorkais font du graffiti à leur manière, influencé par leur quotidien. Ils ré-interprètent le graff US, le digèrent, en produisent une version décalée et personnelle.

Le livre édité par Cotoreich rassemble une centaine de dessins réalisés par les  CAP durant un séjour à Grenoble. L’éditeur a parfaitement suivi l’esprit Crack, en ne faisant attention à aucune règle concernant l’impression. Les dessins ont été imprimés grâce à 3 techniques différentes sur des papiers de quelque chose comme 15 couleurs différentes. On y retrouve du noir sérigraphié sur du papier rose, jaune ou rouge, du vert risographié sur du papier gris, du bleu ronéographié sur du papier vert, du bleu risographié et du rouge sérigraphié sur du papier jaune…

Les techniques et les couleurs se suivent de manière totalement aléatoire. Et le résultat fonctionne très bien : ce livre est un magnifique arc-en-ciel de dessins stupides qui n’en finit jamais.

ML

2 notes

Igor et moi #1, de Gilles Rochier,100x140 mm (plié), 280x400 (ouvert), 2006, En Vrac/GBO le gang des lyonnais.Les types qui passaient des heures à vider sur les murs le contenu de leurs vieilles Krylon ou de leur vieilles Sparvar n’ont jamais aimé qu’on en dise énormément à leur sujet, préférant qu’on parle de leurs boulots, de leur traces, de leurs pièces.On va soigneusement appliquer cette consigne en citant discrètement ce travail de compte-rendu dessiné par Gilles Rochier (encore lui !), qui profite de plusieurs virées graff sauvage (ou pas) d’un certain Igor pour en restituer les couleurs, l’odeur, l’ambiance. Les sessions s’enchaînent, le blaze tourne, du moins sur papier.Ceux pour qui le graffiti est une forme d’immonde vandalisme ne changeront pas de point de vue, ceux qui saisissent les jolis enjeux qui peuvent s’y mêler seront touchés en plein cœur : du flop, du top-to-bottom, des prises de risques et pas mal de connerie. De la simplicité aussi, sous basse pression, avec un soupçon de poésie nostalgique (on aurait parlé de Montana au lieu des marques sus-citées, sinon…).JJM

Igor et moi #1, de Gilles Rochier,
100x140 mm (plié), 280x400 (ouvert), 2006, En Vrac/GBO le gang des lyonnais.

Les types qui passaient des heures à vider sur les murs le contenu de leurs vieilles Krylon ou de leur vieilles Sparvar n’ont jamais aimé qu’on en dise énormément à leur sujet, préférant qu’on parle de leurs boulots, de leur traces, de leurs pièces.

On va soigneusement appliquer cette consigne en citant discrètement ce travail de compte-rendu dessiné par Gilles Rochier (encore lui !), qui profite de plusieurs virées graff sauvage (ou pas) d’un certain Igor pour en restituer les couleurs, l’odeur, l’ambiance. Les sessions s’enchaînent, le blaze tourne, du moins sur papier.

Ceux pour qui le graffiti est une forme d’immonde vandalisme ne changeront pas de point de vue, ceux qui saisissent les jolis enjeux qui peuvent s’y mêler seront touchés en plein cœur : du flop, du top-to-bottom, des prises de risques et pas mal de connerie. De la simplicité aussi, sous basse pression, avec un soupçon de poésie nostalgique (on aurait parlé de Montana au lieu des marques sus-citées, sinon…).

JJM

5 notes

LES HORDES DE PHOBOS, collectifFormat A4, 36 pages, 1974, Futuropolis.
On parle souvient de deux périodes Futuropolis, celle de Cestac&Robial puis la nouvelle. Pourtant il y en a une qui est encore antérieure, celle de la librairie Futuropolis, qui édita aussi quelques opuscules et notamment deux numéros des Hordes de Phobos, fanzine spécialisé dans “L’Épopée fantastique”.
C’est sous ce nom que les éditeurs/rédacteurs désignent un genre littéraire alors quasi inconnu en France, et dont-ils attendent avec impatience l’arrivée massive dans la littérature et la bande dessinée hexagonale : l’héroic-fantasy. Le moins qu’on puisse dire est qu’ils seront exaucés, pour un peu de meilleur et beaucoup de pire (combien d’Atalante pour un Pouvoir du Chinkel ?)…
Derrière une assez belle couverture-hommage à Franco Caprioli, le numéro présente deux articles assez moyens et une bande dessinées. Les deux articles sont assez moyens et comportent le même défaut. Le premier chapitre de l’histoire de l’Epopée fantastique, signé Claude E. Marcel, ressemble plus à une bibliographie commentée pleine de name dropping qu’à une réelle analyse historique et se révèle particulièrement laborieux et obscur. Le second article, non signé, est centré sur Conan et donne quelques infos intéressantes même si l’on retrouve les même défauts. Les quatre pages de bande dessinées, Kageena reine de la jungle par l’inconnu Eneg, sont particulièrement mauvaises. Quelques brèves complètent le fanzine, commentant l’actualité des fanzines sur le fantastique et faisant une pub pour l’album que Moebius vient de publier chez “E. Robial - Futuropolis”. Il semble donc que deux entités Futuropolis ait existé au même moment à la même adresse, l’une dirigé par Robial et qui va connaître le destin que l’on sait, et celle - historiquement rattachée à la librairie du même nom - qui éditait Les Hordes de Phobos et disparaitra bientôt.
On peut également signaler que l’iconographie est riche et plutôt bien reproduite, notamment un beau poster central signé Craig Russel repris du n°4 de Savage Tales. Enfin, malgré la volonté affichée de physiquement ressembler à une revue classique, il n’y a pas d’agrafe et les doubles pages sont donc simplement emboités les unes dans les autres, au risque de se laisser emporter par un coup de vent facétieux. (MR)

LES HORDES DE PHOBOS, collectif
Format A4, 36 pages, 1974, Futuropolis.

On parle souvient de deux périodes Futuropolis, celle de Cestac&Robial puis la nouvelle. Pourtant il y en a une qui est encore antérieure, celle de la librairie Futuropolis, qui édita aussi quelques opuscules et notamment deux numéros des Hordes de Phobos, fanzine spécialisé dans “L’Épopée fantastique”.

C’est sous ce nom que les éditeurs/rédacteurs désignent un genre littéraire alors quasi inconnu en France, et dont-ils attendent avec impatience l’arrivée massive dans la littérature et la bande dessinée hexagonale : l’héroic-fantasy. Le moins qu’on puisse dire est qu’ils seront exaucés, pour un peu de meilleur et beaucoup de pire (combien d’Atalante pour un Pouvoir du Chinkel ?)…

Derrière une assez belle couverture-hommage à Franco Caprioli, le numéro présente deux articles assez moyens et une bande dessinées. Les deux articles sont assez moyens et comportent le même défaut. Le premier chapitre de l’histoire de l’Epopée fantastique, signé Claude E. Marcel, ressemble plus à une bibliographie commentée pleine de name dropping qu’à une réelle analyse historique et se révèle particulièrement laborieux et obscur. Le second article, non signé, est centré sur Conan et donne quelques infos intéressantes même si l’on retrouve les même défauts. Les quatre pages de bande dessinées, Kageena reine de la jungle par l’inconnu Eneg, sont particulièrement mauvaises. Quelques brèves complètent le fanzine, commentant l’actualité des fanzines sur le fantastique et faisant une pub pour l’album que Moebius vient de publier chez “E. Robial - Futuropolis”. Il semble donc que deux entités Futuropolis ait existé au même moment à la même adresse, l’une dirigé par Robial et qui va connaître le destin que l’on sait, et celle - historiquement rattachée à la librairie du même nom - qui éditait Les Hordes de Phobos et disparaitra bientôt.

On peut également signaler que l’iconographie est riche et plutôt bien reproduite, notamment un beau poster central signé Craig Russel repris du n°4 de Savage Tales. Enfin, malgré la volonté affichée de physiquement ressembler à une revue classique, il n’y a pas d’agrafe et les doubles pages sont donc simplement emboités les unes dans les autres, au risque de se laisser emporter par un coup de vent facétieux. (MR)

9 notes