Helen’s Tits (Un fanzine sur God Is My Co-Pilot et leurs amis), A5, N&B, 1995.

4 notes

Torture Oculaire #9, collectif,148x210 mms, 28 pages, 2009.Des chroniques puériles, des strips hystériques, des sujets improbables et un ton aussi rentre-dedans que désinvolte, auxquels viennent se mêler, à l’occasion de ce numéro spécial vacances, différents jeux fort saugrenus… Voilà bien l’essence d’une forme de fanzinat en tant qu’aventure démarrée comme un passe-temps de lycéen, mais qui voit apparaître à chaque nouveau numéro une forme d’exigence dans son évolution : maquette plus chiadée, qualité d’impression améliorée, fabrication et façonnage de qualité…La bande de jeunes lycéens bisontins ayant démarré l’aventure Torture Oculaire était bien moins composée de branleurs jenfoutistes que leur accroche ne voulait bien le laisser croire (et c’est là encore une belle constante chez les fanzineux à tendance punk/Z/ etc), à l’image de Dav’s et d’Oncle Val, quelques-unes des locomotives identifiées du projet.Près de vint numéros en moins de deux ans, dont deux “mégazines”, et leur lot de romans photos improbables et potaches, d’interviews des glorieux aînés (Dav Guedin…), de cadeaux divers et variés (ah, le formidable badge d’Olivier Minne…) : “BDs, Punk Rock, Séries Z et mauvais goût”, nous promettait l’équipe de Torture Oculaire.Promesse largement tenue ! Vivement la suite…JJM

Torture Oculaire #9, collectif,
148x210 mms, 28 pages, 2009.

Des chroniques puériles, des strips hystériques, des sujets improbables et un ton aussi rentre-dedans que désinvolte, auxquels viennent se mêler, à l’occasion de ce numéro spécial vacances, différents jeux fort saugrenus…
Voilà bien l’essence d’une forme de fanzinat en tant qu’aventure démarrée comme un passe-temps de lycéen, mais qui voit apparaître à chaque nouveau numéro une forme d’exigence dans son évolution : maquette plus chiadée, qualité d’impression améliorée, fabrication et façonnage de qualité…
La bande de jeunes lycéens bisontins ayant démarré l’aventure Torture Oculaire était bien moins composée de branleurs jenfoutistes que leur accroche ne voulait bien le laisser croire (et c’est là encore une belle constante chez les fanzineux à tendance punk/Z/ etc), à l’image de Dav’s et d’Oncle Val, quelques-unes des locomotives identifiées du projet.

Près de vint numéros en moins de deux ans, dont deux “mégazines”, et leur lot de romans photos improbables et potaches, d’interviews des glorieux aînés (Dav Guedin…), de cadeaux divers et variés (ah, le formidable badge d’Olivier Minne…) : “BDs, Punk Rock, Séries Z et mauvais goût”, nous promettait l’équipe de Torture Oculaire.
Promesse largement tenue ! Vivement la suite…

JJM

2 notes

Love and Lust, A6, N&B, Orgasm Publications, 1994.

6 notes

Rapport annuel tome 2, de Luc Bossé184x132mms, 184 pages, Pow Pow, 2010.
La scène québécoise actuelle est vivante. Je ne sais combien de fois je devrai le répéter, mais vu l’effervescence qui y règne je crains que vous ne l’entendiez encore souvent. Il est amusant de constater au sein de ce mouvement général les différentes “chapelles”. Ainsi il y a toute une écurie autours de la structure “Colosse” menée par Jimmy Beaulieu et Vincent Giard, ce dernier s’occupant aussi de “La Mauvaise tête”, où vient de paraitre un ouvrage de David Turgeon, autre pilier de “Colosse”, précédemment publié par le même Jimmy Beaulieu au sein de “Mécanique générale”. C’est chez cet éditeur qu’Iris fit ses débuts, on la retrouve aux côté de Richard Suicide et Julie Doucet chez Mille Putois, la structure de Simon Bossé… Un Simon Bossé publié par L’Oie de Cravan, comme Michel Hellman, auteur du magnifique Iceberg chez Colosse, et de Mile End chez Pow Pow… Pow Pow, maison d’édition de Luc Bossé, bloggeur, dessinateur et gagman brillant, qui publie entre autre Zviane et Sophie Bédard, qui firent de multiples titres chez “Colosse”…
Pas besoin de continuer, vous aurez compris que s’il y a de nombreuses structures ayant toutes leur identités propres, le titre de chapelle était abusif tant ces entités dialoguent perpétuellement entre elles. Ce foisonnement et cet échange est pour beaucoup dans l’impression générale de dynamisme. C’était à saluer.
Rapport annuel était un des premier livre de Pow Pow. Luc Bossé y réunissait sous une jolie couverture en carton sérigraphié (marque de fabrique de l’éditeur) la quasi-totalité de ses publications de l’année : sur internet, dans des collectifs, des magazines… Tout est réuni, sourcé (détail important pour le bibliothécaire qui sommeille en moi) et présenté dans une impression impeccable. Digne succession du blog, les deux se complétaient admirablement. Luc Bossé y est très divers, faire un résumé est donc totalement hors de propos, disons tout de même qu’il y a beaucoup d’humour, de l’observation, mais aussi des ninjas, de la pêche et un goût du langage qui fait tout l’intérêt des séquences.
En plus d’être un bon dialoguiste, Bossé est un brillant éditeur. Pow Pow publie depuis  trois ans d’élégants livres de bande dessinée, mettant en avant la jeune garde québécoise (Zviane, Hellman, Sophie Bédard…) et n’hésitant pas à soutenir de curieux croisements (Pierre Bouchard et Francis Desharnais dans le génial Motel galactic). Une initiative à soutenir, en commandant les livres sur leur site par exemple, en attendant leur diffusion en Europe. (MR)

Rapport annuel tome 2, de Luc Bossé
184x132mms, 184 pages, Pow Pow, 2010.

La scène québécoise actuelle est vivante. Je ne sais combien de fois je devrai le répéter, mais vu l’effervescence qui y règne je crains que vous ne l’entendiez encore souvent. Il est amusant de constater au sein de ce mouvement général les différentes “chapelles”. Ainsi il y a toute une écurie autours de la structure “Colosse” menée par Jimmy Beaulieu et Vincent Giard, ce dernier s’occupant aussi de “La Mauvaise tête”, où vient de paraitre un ouvrage de David Turgeon, autre pilier de “Colosse”, précédemment publié par le même Jimmy Beaulieu au sein de “Mécanique générale”. C’est chez cet éditeur qu’Iris fit ses débuts, on la retrouve aux côté de Richard Suicide et Julie Doucet chez Mille Putois, la structure de Simon Bossé… Un Simon Bossé publié par L’Oie de Cravan, comme Michel Hellman, auteur du magnifique Iceberg chez Colosse, et de Mile End chez Pow Pow… Pow Pow, maison d’édition de Luc Bossé, bloggeur, dessinateur et gagman brillant, qui publie entre autre Zviane et Sophie Bédard, qui firent de multiples titres chez “Colosse”…

Pas besoin de continuer, vous aurez compris que s’il y a de nombreuses structures ayant toutes leur identités propres, le titre de chapelle était abusif tant ces entités dialoguent perpétuellement entre elles. Ce foisonnement et cet échange est pour beaucoup dans l’impression générale de dynamisme. C’était à saluer.

Rapport annuel était un des premier livre de Pow Pow. Luc Bossé y réunissait sous une jolie couverture en carton sérigraphié (marque de fabrique de l’éditeur) la quasi-totalité de ses publications de l’année : sur internet, dans des collectifs, des magazines… Tout est réuni, sourcé (détail important pour le bibliothécaire qui sommeille en moi) et présenté dans une impression impeccable. Digne succession du blog, les deux se complétaient admirablement. Luc Bossé y est très divers, faire un résumé est donc totalement hors de propos, disons tout de même qu’il y a beaucoup d’humour, de l’observation, mais aussi des ninjas, de la pêche et un goût du langage qui fait tout l’intérêt des séquences.

En plus d’être un bon dialoguiste, Bossé est un brillant éditeur. Pow Pow publie depuis  trois ans d’élégants livres de bande dessinée, mettant en avant la jeune garde québécoise (Zviane, Hellman, Sophie Bédard…) et n’hésitant pas à soutenir de curieux croisements (Pierre Bouchard et Francis Desharnais dans le génial Motel galactic). Une initiative à soutenir, en commandant les livres sur leur site par exemple, en attendant leur diffusion en Europe. (MR)

4 notes

Gorgonzola n°18, collectifA5, 176 pages, octobre 2012.


Alors que je commence ma chronique, je m’aperçois d’un thème qui se dégage de l’ensemble : « qu’est-ce que l’homme ? »

« Je me souviens des jours anciens, et je pleure », disait Jacques Prévert. Gageons que cela aurait bien fait rigoler Gérard Santi, fondateur de la revue Viper, qui, interviewé par Maël Rannou, jouit des années passées aux commandes de son magazine centré sur la question des drogues et de leur dépénalisation. Voilà un petit pas pour l’homme, mais un grand pour l’humanité. Pascal Tessier, illustrant Blaise Pascal, démentirait en applaudissant, car si, notre univers « est une sphère infinie dont le centre est partout, et la circonférence nulle part », il faut que l’homme « apprenne à estimer la terre, les royaumes, les villes, et soi-même son juste prix ».

Que dire alors d’Anthony Rageul et Olivier Texier qui, chacun, pose la question de l’homme à leurs manières : tragiquement minimaliste et magnifiquement grotesque ?

Et l’homme est un golem, dont l’adolescence lui titille l’âme et les hormones, pour Rohan Spaar et Colville Petitpont. Et l’homme est un putain de connard pour Imagex. Et L’homme est un asocial des réseaux, une nonne des peep shows, un inutile assisté, un suicidaire et une femme à poil pour Yvang.

L’homme, c’est finalement Phil, génial dessinateur potache décédé, auquel ce numéro est dédié.


J’oublie bon nombre de dessinateurs, qu’ils m’excusent et se réjouissent, puisqu’ils seront lus par les lecteurs de ce blog. Car voici mon commandement : il faut lire le n°18 de la revue Gorgonzola, non pour avoir des réponses toutes faites sur la nature de l’homme, mais pour commencer à se poser des questions dessus. Oh yeah. (G.B.)

Gorgonzola n°18, collectif
A5, 176 pages, octobre 2012.

Alors que je commence ma chronique, je m’aperçois d’un thème qui se dégage de l’ensemble : « qu’est-ce que l’homme ? »

« Je me souviens des jours anciens, et je pleure », disait Jacques Prévert. Gageons que cela aurait bien fait rigoler Gérard Santi, fondateur de la revue Viper, qui, interviewé par Maël Rannou, jouit des années passées aux commandes de son magazine centré sur la question des drogues et de leur dépénalisation. Voilà un petit pas pour l’homme, mais un grand pour l’humanité. Pascal Tessier, illustrant Blaise Pascal, démentirait en applaudissant, car si, notre univers « est une sphère infinie dont le centre est partout, et la circonférence nulle part », il faut que l’homme « apprenne à estimer la terre, les royaumes, les villes, et soi-même son juste prix ».

Que dire alors d’Anthony Rageul et Olivier Texier qui, chacun, pose la question de l’homme à leurs manières : tragiquement minimaliste et magnifiquement grotesque ?

Et l’homme est un golem, dont l’adolescence lui titille l’âme et les hormones, pour Rohan Spaar et Colville Petitpont. Et l’homme est un putain de connard pour Imagex. Et L’homme est un asocial des réseaux, une nonne des peep shows, un inutile assisté, un suicidaire et une femme à poil pour Yvang.

L’homme, c’est finalement Phil, génial dessinateur potache décédé, auquel ce numéro est dédié.

J’oublie bon nombre de dessinateurs, qu’ils m’excusent et se réjouissent, puisqu’ils seront lus par les lecteurs de ce blog. Car voici mon commandement : il faut lire le n°18 de la revue Gorgonzola, non pour avoir des réponses toutes faites sur la nature de l’homme, mais pour commencer à se poser des questions dessus. Oh yeah. (G.B.)

6 notes

Nouvelle édition du Fanzines ! Festival du 3 au 30 octobre 2013 à Paris, avec appel à contribution pour l’expo qui aura lieu comme l’an passé à la Médiathèque Marguerite Duras dans le 20ème.

5 notes

Destroy The Heart n°3, A4, 32 p, 1994.
Ce jour-là, Kurt Cobain avait dit non à tout le monde. La seule personne à laquelle il avait accepté de parler après les balances de Nulle Part Ailleurs, c’était à un fanzine tiré à 100 exemplaires édité à Montigny Le Bretonneux : Destroy The Heart. Vingt minutes d’interview lors desquelles le leader de Nirvana, à défaut de se livrer, reste fidèle à lui-même. Destroy The Heart n’avait pas fait ses choux gras de cette exclusivité en préférant consacrer sa couverture à… Llloyd Cole. Signe que Cobain, en se confiant à la presse indépendante, ne s’était pas trompé. [Ph.D]

Destroy The Heart n°3, A4, 32 p, 1994.

Ce jour-là, Kurt Cobain avait dit non à tout le monde. La seule personne à laquelle il avait accepté de parler après les balances de Nulle Part Ailleurs, c’était à un fanzine tiré à 100 exemplaires édité à Montigny Le Bretonneux : Destroy The Heart. Vingt minutes d’interview lors desquelles le leader de Nirvana, à défaut de se livrer, reste fidèle à lui-même. Destroy The Heart n’avait pas fait ses choux gras de cette exclusivité en préférant consacrer sa couverture à… Llloyd Cole. Signe que Cobain, en se confiant à la presse indépendante, ne s’était pas trompé. [Ph.D]

9 notes

C’est toujours ça, de Lénon148x160 mm, pagination variable, autoédition, 2006.
Lénon n’est pas la plus grande dessinatrice du monde, elle ne quitte jamais le croquis, a des limites, mais ce qui est magnifique c’est qu’elle dessine quand même, et toujours. Elle mêle à ces ébauches de longs textes manuscrit, n’a pas peur des mots et balance tout en pesant pourtant les phrases à la serpette. De cette curieuse approche sortent des pages très graphiques, où le dessin gagne en dynamisme et en élan ce qu’il perd parfois en lisibilité. 
Curieuse de tout, cette librairie alternative croque parfois sa vie, les discussions enthousiastes  les concerts, ses lectures. Beaucoup de littérature, mais aussi des voyages en train, à pied. De la contemplation chère à celle qui, à l’époque, réalisait deux pages sur la description nuages dans mon fanzine…
Outre l’incroyable envie de faire, Lénon sait transmettre ses intérêts. Que ce soit la lecture de Manchette, des compte-rendus de débats altermondialistes parfois complexes, ses interrogations sur le dessin ou sa joie face à la reparution de L’Imbécile (une fort belle revue dirigée par Pajak), tout semble pouvoir se partager.
Fanzine globalement mensuel, avec quelques pauses, C’est toujours ça m’avait été envoyé avec un petit mot me disant “tu verras, c’est comme un blog, mais en papier”. Une phrase sonnant à la fois comme une petite provocation et une déclaration d’amour. Car c’est d’amour dont il s’agit ici, amour de raconter, de dessiner, mais aussi de faire, de concevoir, d’envoyer… Tout cela procède à une certaine jubilation du lecteur qui, entre autre chose, se rappellera avec plaisir qu’une lettre est aussi un dessin avant d’être un signe.
En faisant quelques recherches pour cet article j’ai découvert qu’allait bientôt sortir un C’est toujours ça de Lénon, chez FLBLB, éditeur dont elle a toujours été proche. J’ignore s’il s’agit d’un recueil de ses fanzines, ou d’un livre dans cet esprit. En tous les cas c’est une bonne nouvelle tant il est nécessaire que des livre profondément libre arrivent dans les librairies (MR).

C’est toujours ça, de Lénon
148x160 mm, pagination variable, autoédition, 2006.

Lénon n’est pas la plus grande dessinatrice du monde, elle ne quitte jamais le croquis, a des limites, mais ce qui est magnifique c’est qu’elle dessine quand même, et toujours. Elle mêle à ces ébauches de longs textes manuscrit, n’a pas peur des mots et balance tout en pesant pourtant les phrases à la serpette. De cette curieuse approche sortent des pages très graphiques, où le dessin gagne en dynamisme et en élan ce qu’il perd parfois en lisibilité. 

Curieuse de tout, cette librairie alternative croque parfois sa vie, les discussions enthousiastes  les concerts, ses lectures. Beaucoup de littérature, mais aussi des voyages en train, à pied. De la contemplation chère à celle qui, à l’époque, réalisait deux pages sur la description nuages dans mon fanzine…

Outre l’incroyable envie de faire, Lénon sait transmettre ses intérêts. Que ce soit la lecture de Manchette, des compte-rendus de débats altermondialistes parfois complexes, ses interrogations sur le dessin ou sa joie face à la reparution de L’Imbécile (une fort belle revue dirigée par Pajak), tout semble pouvoir se partager.

Fanzine globalement mensuel, avec quelques pauses, C’est toujours ça m’avait été envoyé avec un petit mot me disant “tu verras, c’est comme un blog, mais en papier”. Une phrase sonnant à la fois comme une petite provocation et une déclaration d’amour. Car c’est d’amour dont il s’agit ici, amour de raconter, de dessiner, mais aussi de faire, de concevoir, d’envoyer… Tout cela procède à une certaine jubilation du lecteur qui, entre autre chose, se rappellera avec plaisir qu’une lettre est aussi un dessin avant d’être un signe.

En faisant quelques recherches pour cet article j’ai découvert qu’allait bientôt sortir un C’est toujours ça de Lénon, chez FLBLB, éditeur dont elle a toujours été proche. J’ignore s’il s’agit d’un recueil de ses fanzines, ou d’un livre dans cet esprit. En tous les cas c’est une bonne nouvelle tant il est nécessaire que des livre profondément libre arrivent dans les librairies (MR).

2 notes

Journal Intime, de PawaFormat A6, 26 pages, édition du Barbu, 2006.
Pawa s’est fait plus discret sur la blogosphère depuis quelques années, même s’il tient toujours un journal régulier, mais il y a longtemps que l’on a pas revu ses planches à la facture classique-mais-pas-tant-que-ça, et dont la douceur qui laisse songeur.
Le titre est un rien mensonger, car plutôt qu’une plongée dans l’intimité d’un auteur on a quelques saynètes délicates, entre tranches de vies parfois banales et réelles petites réussites humoristiques, dans la tradition de l’autofiction.
Outre son dessin très agréable jouant habilement sur les noirs, ce qui fait alors l’intérêt de l’opuscule c’est un ton général. Une sorte de pesanteur mélancolique, un rire présent mais retenu, une façon de survoler ses propres histoires. Il y a chez Pawa une belle incarnation du terme “doux-amer”, aucune aigreur mais l’habile mélange d’un plat sucré/salé dans lequel on pioche avec appétit (MR).

Journal Intime, de Pawa
Format A6, 26 pages, édition du Barbu, 2006.

Pawa s’est fait plus discret sur la blogosphère depuis quelques années, même s’il tient toujours un journal régulier, mais il y a longtemps que l’on a pas revu ses planches à la facture classique-mais-pas-tant-que-ça, et dont la douceur qui laisse songeur.

Le titre est un rien mensonger, car plutôt qu’une plongée dans l’intimité d’un auteur on a quelques saynètes délicates, entre tranches de vies parfois banales et réelles petites réussites humoristiques, dans la tradition de l’autofiction.

Outre son dessin très agréable jouant habilement sur les noirs, ce qui fait alors l’intérêt de l’opuscule c’est un ton général. Une sorte de pesanteur mélancolique, un rire présent mais retenu, une façon de survoler ses propres histoires. Il y a chez Pawa une belle incarnation du terme “doux-amer”, aucune aigreur mais l’habile mélange d’un plat sucré/salé dans lequel on pioche avec appétit (MR).

2 notes

Ploum Ploum #1, par Bert,125x200 mms, 28 pages, 2001, L’Employé du Moi.Les collectionneurs de hachures infinies et de superposition de traits par centaines ont probablement hissé très haut le bruxellois Bert dans leur liste d’auteurs adorés.C’est souvent cette première caractéristique qui vient en tête lorsque l’on évoque le boulot du personnage, mais ce serait évidemment restrictif, il va sans dire : parmi les kyrielles d’auteurs étalant leur petite vie sur des dizaines de pages, peu arrivent à y mêler autant de grâce et de poésie, aussi faussement bancale soit-elle ; les actes de la vie de tous les jours y prennent un écho particulier, portés par une délicatesse et une justesse souvent touchante, et bien caractéristique de l’approche toute personnelle de cet auteur que l’on a d’abord remarqué dans les pages de Spon, cette aventure éditoriale un peu fofolle de la toute fin des années 90.Depuis, Bert a contribué à fonder L’Employé du Moi, est apparu dans quasiment tous les ouvrages collectifs qui y furent publiés et dans mille autres revues et fanzines, participe à Radio Grandpapier, et on le retrouve pour le moment aux commandes de My Own Cottage, sa dernière aventure blog/fanzine en date.Une voix essentielle, aussi discrète soit-elle, du paysage belge contemporain, à déguster dès le retour des beaux jours.JJM

Ploum Ploum #1, par Bert,
125x200 mms, 28 pages, 2001, L’Employé du Moi.

Les collectionneurs de hachures infinies et de superposition de traits par centaines ont probablement hissé très haut le bruxellois Bert dans leur liste d’auteurs adorés.

C’est souvent cette première caractéristique qui vient en tête lorsque l’on évoque le boulot du personnage, mais ce serait évidemment restrictif, il va sans dire : parmi les kyrielles d’auteurs étalant leur petite vie sur des dizaines de pages, peu arrivent à y mêler autant de grâce et de poésie, aussi faussement bancale soit-elle ; les actes de la vie de tous les jours y prennent un écho particulier, portés par une délicatesse et une justesse souvent touchante, et bien caractéristique de l’approche toute personnelle de cet auteur que l’on a d’abord remarqué dans les pages de Spon, cette aventure éditoriale un peu fofolle de la toute fin des années 90.

Depuis, Bert a contribué à fonder L’Employé du Moi, est apparu dans quasiment tous les ouvrages collectifs qui y furent publiés et dans mille autres revues et fanzines, participe à Radio Grandpapier, et on le retrouve pour le moment aux commandes de My Own Cottage, sa dernière aventure blog/fanzine en date.

Une voix essentielle, aussi discrète soit-elle, du paysage belge contemporain, à déguster dès le retour des beaux jours.

JJM

8 notes

Comment les feuilles s’épanouissent, de Nylso,148x210 mms, 12 pages, 2013, Le Simo.Tout est tellement là dans chacun des traits de Nylso, dans chacun de ses dessin, dans chacune de ses ombres et chacun de ses reliefs, qu’en parler est forcément restrictif, réducteur, et probablement un peu triste en ce sens qu’on lui enlèverait là une part de la jolie découverte de cette beauté rare, celle-là même qui nous touche quand on découvre quelque chose, que l’on observe, que l’on cherche à comprendre, à maîtriser…On a déjà dit bien des choses de Nylso, y compris sur 1 Fanzine Par Jour : maillon essentiel de la micro-édition et du fanzine en France, dessinateur de véritables petits miracles de petites poésies graphiques chargées d’émotion, auteur inspiré et éditeur éclairé, son parcours parle pour lui, et à ce titre, lui confère une importance légitime dans le paysage actuel.C’est pourquoi, alors que certains gros médias daignent enfin relayer la bonne nouvelle que constitue la parution d’un nouveau de ses livres (et c’est tant mieux), nous continuerons de notre coté de nous enthousiasmer également de voir apparaître un nouveau de ses fanzines.Magnifique, au passage.JJMps : l’insertion de liens html semblant momentanément déconner, voici les trois liens pour retrouver Nylso sur 1 Fanzine Par Jour :http://1fanzineparjour.tumblr.com/post/41520937365/le-simo-n-1-collectif-format-a5-32-pageshttp://1fanzineparjour.tumblr.com/post/45743900361/recits-6-collectif-190x260-mms-et-non-pashttp://1fanzineparjour.tumblr.com/post/26407860244/biscuit-2-de-nylso-dapres-maurice-leblanc

Comment les feuilles s’épanouissent, de Nylso,
148x210 mms, 12 pages, 2013, Le Simo.

Tout est tellement là dans chacun des traits de Nylso, dans chacun de ses dessin, dans chacune de ses ombres et chacun de ses reliefs, qu’en parler est forcément restrictif, réducteur, et probablement un peu triste en ce sens qu’on lui enlèverait là une part de la jolie découverte de cette beauté rare, celle-là même qui nous touche quand on découvre quelque chose, que l’on observe, que l’on cherche à comprendre, à maîtriser…

On a déjà dit bien des choses de Nylso, y compris sur 1 Fanzine Par Jour : maillon essentiel de la micro-édition et du fanzine en France, dessinateur de véritables petits miracles de petites poésies graphiques chargées d’émotion, auteur inspiré et éditeur éclairé, son parcours parle pour lui, et à ce titre, lui confère une importance légitime dans le paysage actuel.
C’est pourquoi, alors que certains gros médias daignent enfin relayer la bonne nouvelle que constitue la parution d’un nouveau de ses livres (et c’est tant mieux), nous continuerons de notre coté de nous enthousiasmer également de voir apparaître un nouveau de ses fanzines.
Magnifique, au passage.

JJM

ps : l’insertion de liens html semblant momentanément déconner, voici les trois liens pour retrouver Nylso sur 1 Fanzine Par Jour :

http://1fanzineparjour.tumblr.com/post/41520937365/le-simo-n-1-collectif-format-a5-32-pages

http://1fanzineparjour.tumblr.com/post/45743900361/recits-6-collectif-190x260-mms-et-non-pas

http://1fanzineparjour.tumblr.com/post/26407860244/biscuit-2-de-nylso-dapres-maurice-leblanc

7 notes

Salade de fruits, A5, N&B, 1995.
Avec une photo de Stephen Pastels en couverture et une dédicace à Talulah Gosh en fin d’édito, le ton est donné : le fanzine d’Elodie portera haut le flambeau de la pop underground en soumettant les groupes à des questions de plus en plus intimes : “Quelle est la chose la plus romantique qui vous soit arrivée ?”, “Quelle est la chose qui donne le plus de douceur au monde”, “Vous prenez du thé à 5 heures ?”… Ce numéro n’est complet qu’avec sa flopée de flyers promotionnels (Marie Antoinette, The Almanacs, The Pillarbox Red Label et Fat Tulips). Par contre, je demeure inconsolable depuis que j’ai perdu le flexi de Crystal Garden qui l’accompagnait. [Ph.D]

Salade de fruits, A5, N&B, 1995.

Avec une photo de Stephen Pastels en couverture et une dédicace à Talulah Gosh en fin d’édito, le ton est donné : le fanzine d’Elodie portera haut le flambeau de la pop underground en soumettant les groupes à des questions de plus en plus intimes : “Quelle est la chose la plus romantique qui vous soit arrivée ?”, “Quelle est la chose qui donne le plus de douceur au monde”, “Vous prenez du thé à 5 heures ?”… Ce numéro n’est complet qu’avec sa flopée de flyers promotionnels (Marie Antoinette, The Almanacs, The Pillarbox Red Label et Fat Tulips). Par contre, je demeure inconsolable depuis que j’ai perdu le flexi de Crystal Garden qui l’accompagnait. [Ph.D]

4 notes

LOVE/LIFE, de Lionel Keller24p.&36p., Pipifax, 2011
Charmants et mystérieux fanzines (malgré quelques crottes de mouches indélicates) du non moins mystérieux Lionel Keller, Love & Life sont deux très belles petites fables.
Love nous présente un petit employé de bureau parmi d’autre qui, un jour se laisse aller à dessiner un cœur plutôt qu’à répéter les même litanies. Life, plus convenu dans le fond, suit en quelques cases la vie d’un homme marchant dans une rue de sa naissance à sa mort, en regardant défiler la vie des autres.
Keller n’est pas totalement inconnu. On le devine suisse par ses éditeurs, ici Pipifax, mais on l’a aussi vu dans le Bile Noire d’Atrabile. Mycose l’a également longuement accueilli en ses pages.
Love & Life sont des récits muets, porté un dessin minimaliste mais précis, en rondeur et délicatesse. Beaucoup de légèreté dans son travail, une grâce, et une belle faculté d’observation. Malheureusement cela fait longtemps qu’on ne l’a pas relu et ses divers fanzines et micro-tirages sont globalement indisponibles. (MR)

LOVE/LIFE, de Lionel Keller
24p.&36p., Pipifax, 2011

Charmants et mystérieux fanzines (malgré quelques crottes de mouches indélicates) du non moins mystérieux Lionel Keller, Love & Life sont deux très belles petites fables.

Love nous présente un petit employé de bureau parmi d’autre qui, un jour se laisse aller à dessiner un cœur plutôt qu’à répéter les même litanies. Life, plus convenu dans le fond, suit en quelques cases la vie d’un homme marchant dans une rue de sa naissance à sa mort, en regardant défiler la vie des autres.

Keller n’est pas totalement inconnu. On le devine suisse par ses éditeurs, ici Pipifax, mais on l’a aussi vu dans le Bile Noire d’Atrabile. Mycose l’a également longuement accueilli en ses pages.

Love & Life sont des récits muets, porté un dessin minimaliste mais précis, en rondeur et délicatesse. Beaucoup de légèreté dans son travail, une grâce, et une belle faculté d’observation. Malheureusement cela fait longtemps qu’on ne l’a pas relu et ses divers fanzines et micro-tirages sont globalement indisponibles. (MR)

4 notes

Mister Uppercut, de Roméo Julien,140x170mms, 36 pages, 2013, Les Machines.En 2011, la jeune structure éditoriale Les Machines sortait une première version du joli petit livre “Mister Uppercut”, probablement en trop peu d’exemplaires pour contenter tous les curieux de la rétine. Deux ans plus tard, une belle surprise nous attendait quelque part dans les allées du OFF d’Angoulême : une réédition (intérieur monochrome rouge, imprimé en Riso) permettait aux retardataires de prendre le train en marche, et de découvrir le boulot de Roméo Julien.L’aventure complètement fofolle dans laquelle l’auteur nous entraîne tourne autour de Mister Uppercut, vrai non-héros brinquebalant, et brille par sa fantaisie comme par son traitement graphique. On a affaire à un jeune type qui ne se contente pas de régurgiter les lectures de ses glorieux aînés, mais qui prend le temps de proposer un ensemble de propositions réellement bienvenues dans la pléthore de clones de clones de choses déjà vues.A ce titre, suivre le personnage dans ses tribulations extra-sensorielles est un délicieux exercice : ça m’a personnellement évoqué un Blexbolex qui aurait une vingtaine de balais aujourd’hui, et à qui on aurait demandé d’inverser son mode opératoire graphique en troquant ses aplats et ses volumes pour des contours et des traits. C’est évidemment contradictoire d’évoquer l’un des plus grands après avoir insisté sur la singularité du jeune Roméo Julien… Il se trouve qu’après avoir refermé la dernière page de Mister Uppercut, on est encore un peu remué de cette virée dans de cette belle production made in Angoulême.Vivement !JJM

Mister Uppercut, de Roméo Julien,
140x170mms, 36 pages, 2013, Les Machines.

En 2011, la jeune structure éditoriale Les Machines sortait une première version du joli petit livre “Mister Uppercut”, probablement en trop peu d’exemplaires pour contenter tous les curieux de la rétine. Deux ans plus tard, une belle surprise nous attendait quelque part dans les allées du OFF d’Angoulême : une réédition (intérieur monochrome rouge, imprimé en Riso) permettait aux retardataires de prendre le train en marche, et de découvrir le boulot de Roméo Julien.

L’aventure complètement fofolle dans laquelle l’auteur nous entraîne tourne autour de Mister Uppercut, vrai non-héros brinquebalant, et brille par sa fantaisie comme par son traitement graphique. On a affaire à un jeune type qui ne se contente pas de régurgiter les lectures de ses glorieux aînés, mais qui prend le temps de proposer un ensemble de propositions réellement bienvenues dans la pléthore de clones de clones de choses déjà vues.
A ce titre, suivre le personnage dans ses tribulations extra-sensorielles est un délicieux exercice : ça m’a personnellement évoqué un Blexbolex qui aurait une vingtaine de balais aujourd’hui, et à qui on aurait demandé d’inverser son mode opératoire graphique en troquant ses aplats et ses volumes pour des contours et des traits.
C’est évidemment contradictoire d’évoquer l’un des plus grands après avoir insisté sur la singularité du jeune Roméo Julien… Il se trouve qu’après avoir refermé la dernière page de Mister Uppercut, on est encore un peu remué de cette virée dans de cette belle production made in Angoulême.
Vivement !
JJM

8 notes

Munster! n°7, collectifFormat A5, 32 pages, Les taupes de l’espace, septembre 1994     Avant Le journal de Judith et Marinette, il y avait Munster!, une sorte de péché de jeunesse de la bande des Taupes de l’espace, un fanzine dans la règle de l’art et dont la lecture permet de mesurer la rupture qui s’est opérée entre les débuts (mars 1993 - avril 1995) et la nouvelle formule qui les fera connaître à partir de janvier 1996 et le premier numéro du Journal de Judith et Marinette. Ce qui marque en effet, c’est qu’en lisant cette première production de la bande de Sébastien Lumineau (qui signait à l’époque Imius Suzanne),  rien ne semble a priori laisser deviner la direction que prendra peu de temps après la petite structure éditoriale rennaise. On a là une série de petites bd régressives et je-m’en-foutistes orientées vers le gag tendance Spirou dégénéré ou Fluide réchauffé. Pourtant, à y regarder de plus près, on ne peut que remarquer la grande maîtrise des auteurs dans tous les domaines (mise en page, dessin, rythme des récits, humour crétin, absurde et parodie). Une perfection dans un registre qu’ils n’allaient donc pas tarder à dépasser, abandonnant les stéréotypes et les gimmicks conventionnels hérités du passé pour inventer une bande dessinée qui leur ressemble, proche du quotidien, de l’enfance, et spontanée dans le trait.      (BB)

Munster! n°7, collectif
Format A5, 32 pages, Les taupes de l’espace, septembre 1994
     Avant Le journal de Judith et Marinette, il y avait Munster!, une sorte de péché de jeunesse de la bande des Taupes de l’espace, un fanzine dans la règle de l’art et dont la lecture permet de mesurer la rupture qui s’est opérée entre les débuts (mars 1993 - avril 1995) et la nouvelle formule qui les fera connaître à partir de janvier 1996 et le premier numéro du Journal de Judith et Marinette. Ce qui marque en effet, c’est qu’en lisant cette première production de la bande de Sébastien Lumineau (qui signait à l’époque Imius Suzanne),  rien ne semble a priori laisser deviner la direction que prendra peu de temps après la petite structure éditoriale rennaise. On a là une série de petites bd régressives et je-m’en-foutistes orientées vers le gag tendance Spirou dégénéré ou Fluide réchauffé. Pourtant, à y regarder de plus près, on ne peut que remarquer la grande maîtrise des auteurs dans tous les domaines (mise en page, dessin, rythme des récits, humour crétin, absurde et parodie). Une perfection dans un registre qu’ils n’allaient donc pas tarder à dépasser, abandonnant les stéréotypes et les gimmicks conventionnels hérités du passé pour inventer une bande dessinée qui leur ressemble, proche du quotidien, de l’enfance, et spontanée dans le trait.
     (BB)